Lex Kerssemakers

Entrevue avec Lex Kerssemakers: pour mieux comprendre Volvo

Quand AutoMédia a rencontré Lex Kerssemakers au dernier Salon de l’auto de Detroit, il était déjà vice-président sénior de la stratégie et de la gestion de tous les produits Volvo dans le monde. Depuis, on lui a également confié les fonctions de v.-p. sénior des Amériques. Il se rapporte directement à Häkan Samuelsson, le président-directeur général de Volvo Cars.

 

AutoMédia : Votre nouvelle plateforme utilisera uniquement des moteurs 4 cylindres et ce, pour tous vos modèles. Pourquoi ?

Lex Kerssemakers : Nous voulons passer un message clair. Nous voulons contribuer à une industrie automobile durable et nous voulons offrir des voitures efficaces côté consommation. En 2008 (ndlr : quand Ford a mis Volvo en vente), nous devions prendre des décisions au sujet de notre futur en tant que constructeur. Nous avons décidé que l’électrification allait être une partie importante de notre offre. Depuis la transaction entre Ford et nos nouveaux investisseurs (ndlr : le groupe chinois Geely), nous avons dû recommencer à zéro. Nous avons alors conçu une plateforme évolutive, qui nous permettait un maximum de flexibilité tout en requérant un minimum d’investissement. Nous l’avons nommée SPA (Scalable Product Architecture). Cette plateforme devait à tout prix avoir une motorisation efficace et être prête à accueillir des batteries. Après avoir consulté nos clients, nous avons conclu qu’ils désirent des moteurs fiables, efficaces et performants. La cylindrée importe peu. Avec le département d’ingénierie, nous avons conclu qu’il était possible de produire un moteur petit, fiable et qui peut produire plus de 300 chevaux. Nous avons décidé dès lors d’offrir exclusivement des 4-cylindres turbocompressés, avec de l’électrification pour nos modèles hybrides. Ça s’inscrit très bien dans la philosophie de notre marque. C’était en 2008 et aujourd’hui, notre décision a décidément été la bonne. Au lieu de dépenser sur le développement des moteurs à combustion, nous avons mis nos efforts sur les alternatives vertes, les batteries, etc.

 

AM : Avez-vous un véhicule entièrement électrique dans vos plans?

L.K. : Pas pour l’instant. Nous avons décidé de choisir l’électrification de nos moteurs parce que cette option offrait le meilleur des deux mondes à court et moyen termes. Il est possible de conduire nos véhicules hybrides en mode totalement électrique. La V60 PHEV (ndlr : un hybride enfichable turbodiesel toujours absent du Canada) fournit 50 km d’autonomie en mode tout électrique, et 42 km pour le XC90 PHEV. Par contre, notre nouvelle plateforme peut accommoder plusieurs batteries, donc nous pourrons faire le plongeon tout électrique quand le temps viendra.

 

AM : Est-ce que le XC90 PHEV, un hybride enfichable, sera disponible au Canada?

L.K. : Oui, il le sera en août 2015. Nous lancerons aussi la S60 Inscription, une version allongée de cette berline (ndlr : après vérification, il semble que les États-Unis auront cette version mais pas le Canada).

 

AM : Planifiez-vous poursuivre la production du XC70 et de la S80 ?

L.K. : Le XC70 a subi une refonte majeure en 2013, tout comme la S80 Ces modèles seront disponibles jusqu’à ce qu’ils soient remplacés par des nouveaux modèles issus de la plateforme SPA.

 

AM : Avez-vous des plans du côté de la voiture autonome?

L.K. : Oui, absolument. Cependant, nous croyons à un système hybride où l’être humain peut conduire s’il le désire et se laisser conduire le reste du temps.  Nous avons la crédibilité et la technologie, nous pouvons faire une différence dans ce domaine.

 

A.M. : Dans le cadre de votre relation avec Geely, est-ce que les cultures chinoises et suédoises se mélangent bien?

L.K. : Quand Geely nous a acheté, Li Shufu, son p.-d. g, a décidé que les marques Volvo et Geely resteraient distinctes. Cinq ans plus tard, il a tenu sa promesse. Il a établi une entité qui supervise Volvo et qui a des membres sur le conseil ayant une forte expérience dans l’industrie de l’automobile. Ils nous guident tout en nous faisant confiance. De plus, les Chinois apportent à nos 80 années d’expérience un sens des affaires et une volonté exemplaire. Le S60 Cross Country est un exemple de cette volonté. Nous, les Scandinaves, nous rationalisons et nous calculons et nous attendons, tandis que les Chinois foncent ! Il est encore tôt pour dire si tout va bien se passer mais jusqu’ici, tout va bien.

 

A.M. : Est-ce que votre manque de nouveaux modèles sur le continent nord-américain s’explique en partie par les efforts que vous mettez à servir le marché chinois?

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