Histoires de vendeurs: comment Renaud-Pierre Bérubé vendait la Model S au Québec en 2013

En 2013, les clients québécois qui prennent livraison d’une Tesla Model S ont droit à un accueil plutôt modeste, compte tenu du prix de la voiture. « On avait une table à pique-nique pour livrer des autos », se rappelle Renaud-Pierre Bérubé. À l’époque, le constructeur californien occupe les locaux d’un ancien concessionnaire Subaru sur le boulevard des Laurentides, à Laval. C’est là que le représentant fait ses débuts dans l’automobile.
Aujourd’hui chez Lucid Motors, Renaud-Pierre Bérubé est l’invité du plus récent épisode du balado Histoires de vendeurs. Il y raconte comment il s’y est pris pour vendre une berline électrique à propulsion, dont le prix avoisinait les 80 000 $, à une époque où peu d’automobilistes québécois avaient eu l’occasion de conduire une voiture électrique.
Des pagettes à la Tesla Model S
À la fin des années 1990, Renaud-Pierre Bérubé vend des services de télécommunication aux entreprises. Pour convaincre un patron de troquer les pagettes de ses employés contre des téléphones cellulaires, il doit pouvoir justifier une hausse considérable de la facture mensuelle. Son argument a le mérite d’être concret. Un employé sur la route pourra désormais rappeler le bureau sans avoir à s’arrêter chez un client ou à trouver un téléphone public.
Une quinzaine d’années plus tard, c’est depuis son bureau chez Telus qu’il écrit à Tesla pour savoir comment se procurer une Model S. Son téléphone sonne cinq à dix minutes plus tard. Au bout du fil, un représentant en Californie lui explique la procédure de réservation. La rapidité du suivi l’impressionne, lui qui avait jusque-là peu envisagé de gagner sa vie en vendant des voitures. « J’étais un gars de char qui a jamais vraiment aimé l’industrie de l’automobile », résume-t-il.
Faire essayer la voiture
Lorsqu’il annonce à sa famille, à Noël 2012, qu’il quitte Telus pour Tesla, ses proches s’inquiètent. Il abandonne un salaire à six chiffres pour un poste dont le salaire de base s’élève à 40 000 $, auquel s’ajoute une commission par voiture vendue. Son objectif pour la première année est de 200 unités.
À Laval, Renaud-Pierre Bérubé dispose d’une liste de personnes qui, comme lui quelques mois auparavant, ont communiqué avec Tesla pour se renseigner. Il reprend le téléphone avec l’idée de les amener à faire un essai routier. Il estime avoir vendu entre 210 et 215 Model S dès sa première année.
Ses passages chez VinFast, Taiga et Rivian, puis chez Lucid, alimentent aussi la discussion sur la formation offerte aux acheteurs. Il raconte qu’il rencontre encore, aux bornes publiques, des automobilistes qui viennent de prendre possession de leur véhicule et qui ignorent comment lancer une séance de recharge. Pour lui, le travail du représentant commence par l’intérêt qu’il porte à la personne devant lui. « On pose des questions parce qu’on est vraiment curieux. »
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