Et si la vie en concession était un marathon plutôt qu’un sprint ?

Loin de moi l’idée d’être moralisateur ou de vous donner l’impression d’être une version Wish et jeune de Jean-Marc Chaput.
Mais.
Lors de mon passage à la soirée du 100e anniversaire de Girard Automobile, je me suis posé la question suivante : et si la vie en concession était un marathon plutôt qu’un sprint ? Le sprint mesure la performance. Le marathon révèle la solidité.
Chaque mois est un véritable sprint entre les murs de votre établissement. Il est quasi impossible de mettre les pieds en concession ou d’échanger avec un employé sans que le mot « mois » soit prononcé. Tout est calculé par mois et c’est ainsi que les objectifs sont fixés aussi. Quel est le résultat de cette façon de faire et de penser ? Une pression constante sur le court terme. À force de regarder la fin du mois, on finit parfois par perdre de vue la suite.
Mais le succès d’une carrière ou d’une entreprise, ça ne se calcule pas en mois. Ça se calcule en années, en décennies. Les chiffres mensuels sont un tableau de bord. Ils ne sont pas une destination. Un tableau de bord est essentiel pour conduire. Mais personne ne prend la route uniquement pour regarder son tableau de bord.
Le succès se construit sur des décennies
Avec une centaine d’années d’histoire, des concessionnaires comme Girard Automobile, Fortier Ford et Montplaisir GMC Buick Chevrolet ont dû voir plus loin que la fin du mois en cours. Aucune de ces concessions n’a bâti son succès en un mois. Le départ peut être canon, mais il faut s’assurer de maintenir la cadence par la suite.
Ils ont traversé des crises économiques, des chocs pétroliers, des périodes difficiles avec le constructeur. Et ça, c’est sans parler de l’arrivée de nouveaux constructeurs, de la pandémie ni même de la guerre. Malgré tout, ces concessionnaires sont toujours présents. Ils ont su se relever après chaque période creuse et voir plus loin qu’un mois plus faible. Pourtant, ils auraient eu toutes les raisons du monde d’expliquer un abandon.
Plus une concession accumule les années derrière la cravate, plus elle devient outillée pour braver les tempêtes. Avec les années vient une forme de mémoire d’entreprise. Et cette mémoire devient précieuse quand le marché se met à brasser.
N’oublions pas que l’industrie automobile est cyclique. Parfois on manque de véhicules et à d’autres moments la cour déborde. Quand tout roule bien, il faut en profiter pour faire des provisions en gardant en tête qu’on n’est jamais à l’abri de mois de vache maigre. Et quand on connaît un succès, on doit miser sur lui et répéter la recette qui nous a permis de l’atteindre : bien traiter les clients, former les équipes, maintenir une bonne réputation locale et avec le constructeur, investir dans le service après-vente, respecter les engagements et soutenir la relève.
En terminant, retenons que le secret de la longévité n’a rien à voir avec l’absence de tempêtes, mais plutôt avec la capacité à passer au travers. Une concession ne devient pas centenaire parce qu’elle a gagné tous ses mois. Elle le devient parce qu’elle a survécu aux mauvais.
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