Maxime Théorêt s’apprête à relever un nouveau défi. Rien de surprenant quand on le connaît : il est accro aux bouffées d’adrénaline qui jalonnent sa carrière depuis ses débuts.

Et pourtant, c’est un CPA.

Comme son père Normand, comme sa sœur Caroline, tandis que Vanessa, son autre sœur, carbure aux chiffres chanceux en bossant à la Régie des loteries ontarienne.

Je ne dis pas que les comptables sont d’ordinaire rangés comme une belle dentition et prévisibles comme la saison des impôts. Je dis : pas tous.

La vraie vérité, c’est que, comme Obélix, Maxime est tombé dedans étant petit. Le dodu Gaulois dans une marmite de potion magique, le dynamique entrepreneur dans les mathématiques.

Maxime, Vanessa, Caroline et leur père Normand Théorêt.

 

Grâce à l’ADN familial

De contrôleur à VP Finances, son père a passé une vingtaine d’années chez ce qui est devenu le Groupe Spinelli, d’abord avec le fondateur Noël puis aux côtés des héritiers Pierre et Mathieu.

Par la suite, Normand Théorêt a prêté main-forte à Joël Grégoire pour qu’il transforme le Groupe Barnabé en Groupe Rive-Sud grâce à des acquisitions et une saine administration.

Normand Théorêt en compagnie de M. Réal Bourque, VP des Opérations du groupe Spinelli de l’époque.

Dans la maison familiale de L’Île-Bizard se déroulaient des discussions où fusaient des expressions comme gain en capital et amortissement. Des chiffres mélangés aux chars ! Max adorait ce cocktail sans alcool qui l’initiait à sa future carrière tout en alimentant sa passion de l’automobile.

Quand le diplômé des HEC en administration des affaires doit se choisir un stage obligatoire d’auditeur, après avoir réussi haut la main le diabolique examen pancanadien final de trois jours dans le stade Uniprix (aujourd’hui IGA) où s’entassaient une fois l’an des centaines de futurs CPA anxieux, il choisit KPMG Enterprises.

« Je suis fier de dire que j’ai réussi l’examen dès la première fois, alors que mon père et ma sœur ont dû s’y reprendre », taquine Maxime en riant de bon cœur.

Le jeune homme ne voulait surtout pas se retrouver sous un néon dans le recoin d’un bureau à aligner des colonnes pour la sous-sous-division d’une compagnie tentaculaire. Heureusement, le volet « entreprises » de son premier employeur lui permet de se faire les dents pendant de courts mandats sur une foule de compagnies.

Deux ans et demi plus tard, un chasseur de têtes le convainc de se joindre à TransForce, une entreprise dirigée, à ce moment, par un CPA qui avait pour mandat de consolider le milieu du transport en Amérique du Nord.

Une photo de jeunesse de Maxime.

 

Un manque flagrant

Un jour de 2014, fiston et paternel, ce dernier flirtant avec la retraite, jasent chiffres et chars comme ils aiment si souvent le faire ensemble, quand ils constatent une lacune béante dans la Belle Province : une équipe d’experts négociateurs, financiers et légaux qui faciliteraient la vente et l’achat des concessions automobiles de la Belle Province. Aussitôt dit, aussitôt naît AutoCap, qui engage François McDonald, un ancien de Primus (Ford) et des franchises Cora.

Le trio tape le bon filon. Maxime rencontre Farid Ahmad, lequel a eu la même idée que les Théorêt deux ans plus tôt pour servir les ambitions de fusions et acquisitions des concessionnaires du Canada anglais. Les larrons s’entendent si bien, Farid le flamboyant vendeur et Maxime le discret stratège financier, qu’AutoCap et Dealer Solutions Canada fusionnent en 2016 pour former DSMA.

Maxime, accompagné de sa femme et leurs enfants dans un restaurant de Montréal.

Depuis, DSMA est devenue l’une des principales sociétés de fusions-acquisitions d’Amérique du Nord, Maxime greffant à son palmarès plus de 1000 évaluations de concessions, 501 transactions, 300 opérations de fusions-acquisitions et plus de 10 milliards de volume transactionnel pour ses clients durant son séjour.

Directeur associé chez DSMA, entouré d’une équipe qui compte maintenant plus de 75 personnes, Max met au monde Quotus, une plateforme qui fournit entre autres plus de 280 indicateurs de performance en temps réel pour affûter les prises de décision.

Mais quelque chose bout toujours en lui. Avec le printemps qui cajole, appelons ça de la sève d’entrepreneur. Aussi doit-il annoncer à Farid (62 ans), qui voyait en Max (38 ans) son digne successeur, qu’il quittera DSMA au début de 2026 pour se lancer officiellement dans la création de Drive-IP.

Maxime Théorêt en compagnie de Jean-Philippe Lespérance, partenaire de chez Drive-IP.

Grosso modo, une société de financement et d’investissement qui offre une alternative aux institutions bancaires traditionnelles. « Notre mandat est d’accompagner des entrepreneurs du secteur automobile dans la création de valeur durable, en leur apportant capital, structure et vision à long terme », résume Maxime Théorêt.

AutoMédia aura l’occasion de revenir sur Drive-IP en compagnie du principal intéressé. Comme pour les prochains exploits d’Astérix et Obélix, parions sur une palpitante nouvelle aventure à suivre…

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