Le Royaume-Uni envisage d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques importés de Chine.

Selon le quotidien britannique The Times, dont les informations sont reprises par Reuters et Automotive News, Londres pourrait adopter des prélèvements comparables à ceux de l’Union européenne, pouvant atteindre 45 %.

Aucune décision n’a toutefois été annoncée. Interrogé par Reuters, un porte-parole du gouvernement britannique a indiqué que les discussions avec l’industrie se poursuivaient.

Une trajectoire différente de celle du Canada

Cette réflexion survient alors que le Canada a assoupli ses propres restrictions. Après avoir imposé une surtaxe de 100 % sur les véhicules électriques fabriqués en Chine en octobre 2024, Ottawa l’a supprimée le 1er mars 2026. Le pays autorise désormais l’importation d’un maximum initial de 49 000 véhicules par année au tarif de 6,1 %, selon Affaires mondiales Canada.

Cette ouverture demeure donc limitée. Elle fait partie d’une entente avec Pékin qui facilite aussi l’exportation de produits agricoles et alimentaires canadiens vers la Chine.

Les priorités diffèrent toutefois d’un pays à l’autre. Alors qu’Ottawa a choisi d’ouvrir davantage son marché aux véhicules fabriqués en Chine, Londres cherche surtout à protéger l’accès de ses constructeurs au marché européen.

Protéger les usines britanniques

Selon Reuters, le projet « Made in Europe » vise à favoriser les produits fabriqués en Europe et à réduire l’utilisation de composants chinois. Le Royaume-Uni souhaite que les véhicules assemblés sur son territoire puissent aussi bénéficier de ces règles.

L’enjeu concerne notamment Nissan, Toyota et Jaguar Land Rover, qui produisent au Royaume-Uni et exportent vers l’Union européenne. Si les véhicules britanniques étaient exclus du programme, ces constructeurs pourraient être désavantagés.

D’après The Times, Bruxelles aurait prévenu Londres : sans droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques chinois, le Royaume-Uni pourrait être laissé à l’écart. Les autorités européennes craindraient que des véhicules chinois transitent par le pays pour accéder à leur marché.

Londres doit aussi peser le risque d’une riposte de Pékin, qui pourrait toucher Jaguar Land Rover. Selon le quotidien britannique, les responsables gouvernementaux jugeraient toutefois ce risque moins dommageable qu’une exclusion du programme européen.

Les marques chinoises déjà bien établies

Pendant ce temps, les marques chinoises continuent de gagner du terrain au Royaume-Uni. Selon Reuters, elles ont représenté 23 % des ventes de véhicules neufs en septembre. Le Jaecoo 7 a même été le modèle le plus vendu au pays. Ces chiffres englobent toutes les motorisations, et non seulement les véhicules électriques.

De nouvelles surtaxes compliqueraient donc les affaires de marques comme BYD, MG et Jaecoo. Elles disposent toutefois d’autres avenues pour poursuivre leur croissance.

Comme le souligne Reuters, les constructeurs chinois misent déjà sur les modèles hybrides en Europe, puisque ceux-ci échappent aux surtaxes visant les véhicules électriques. Certains, dont BYD, préparent aussi une production locale pour éviter ces droits de douane.

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