Entrevue avec Pierre Boutin, président de Volkswagen Canada: 25 nouvelles concessions satellites pour rejoindre une nouvelle clientèle 

Il y a quelques mois, Volkswagen Canada a annoncé l’ouverture imminente de 25 nouvelles concessions satellites à travers le pays. AutoMédia a discuté avec Pierre Boutin, le président de Volkswagen au Canada, pour mieux comprendre ce qu’il en est de la stratégie du constructeur de Wolfsburg. 

 

Volkswagen entend ouvrir de nouvelles concessions satellites un peu partout à travers le pays. Pouvez-vous nous expliquer ?

 

Nous avons effectivement annoncé l’arrivée de 25 nouvelles concessions à travers le Canada. De ces 25 établissements, 90 % seront considérés comme des satellites et seront donc rattachés à une concession existante; 10 % seront ainsi des concessions proprement dites, c’est-à-dire qu’il y aura de nouveaux concessionnaires. Les satellites, ou les boutiques si vous voulez, seront plus petits : seulement deux ou trois véhicules dans la salle d’exposition et quelques baies de service.

Le but est de pouvoir servir nos clients là où ils se trouvent et d’être présent partout. Nous savons que les consommateurs sont prêts à rouler 100 km et plus pour acheter une voiture, mais ils ne sont pas prêts à parcourir la même distance pour en faire l’entretien. Aussi, avec l’émergence des véhicules électriques chez Volkswagen, il est important que nos clients à l’extérieur des grands centres aient accès à un point de service. Mais puisque ces véhicules requièrent moins de service, il est logique de construire de plus petites installations. 

De plus, sans vouloir entrer dans une compétition de chiffres, certains constructeurs possèdent plus de 400 concessions à travers le pays. Nous en avons 145. Il y a donc beaucoup de place pour de l’expansion. 

 

Il faut dire que votre portfolio a considérablement changé…

 

En effet. Il y a quelques années, VW était essentiellement une marque de voitures. Je l’admets, nous étions en retard sur les VUS. Maintenant que nous avons rattrapé le terrain perdu, nous devons repenser l’emplacement de l’offre à travers le pays. Les nouvelles adresses se retrouveront en majorité dans l’Ouest canadien, où d’ailleurs l’ouverture d’un tout nouveau centre a eu lieu en août, en banlieue de Calgary (voir encadré). Il y en aura d’autres dans les Prairies et dans la région de l’Atlantique. Quant au Québec (et en Ontario), Volkswagen est déjà très bien représentée et les besoins de nouvelles succursales dans la Belle Province sont moins pressants. Toutefois, on peut quand même s’attendre à voir quelques nouvelles adresses s’ajouter au Québec d’ici les prochaines années.  

 

Quels concessionnaires Volkswagen auront la chance d’ouvrir un nouveau satellite ?

 

Des discussions sont déjà entamées avec la grande majorité des futurs propriétaires, incluant ceux du Québec. Mais il reste encore des détails à finaliser afin de pouvoir annoncer officiellement l’emplacement et le nom de ces nouveaux établissements. 

 

Un modèle d’affaires numérique d’agence est-il envisageable au Canada pour VW ?

 

Tout est envisageable. Nous estimons pouvoir intégrer les améliorations importantes aux yeux des consommateurs à notre réseau existant en travaillant les plateformes numériques 360. Tous les services de la concession y sont disponibles, et nous donnons plus d’accès et de transparence à la clientèle. Il est possible d’intégrer ces avancées à notre réseau de distribution actuel avant d’entreprendre des changements majeurs. C’est maintenant commun en Europe, mais ici au Canada, nous ne sentons pas le besoin de faire cette transition, certainement pas dans un futur proche; à plus long terme, on verra.

 

Voyez-vous le prix unique comme une possibilité ?

 

Nous le voyons comme absolument essentiel, mais un prix unique qui va au-delà du prix de détail suggéré. Ce que nous voulons obtenir, c’est un prix transactionnel juste et, encore une fois, transparent, qui comprend tous les détails du véhicule. Nous comptons devenir les leaders dans le marché et ce sera bientôt visible sur nos plateformes numériques. 

 

On découvre de plus en plus votre nouvelle marque, Scout. Prévoyez-vous un déploiement au pays ?

 

Pas encore au Canada. L’objectif vise les États-Unis. C’est un dossier qui est regardé de très près par l’entreprise. Si les occasions se développent au Canada, nous n’hésiterons pas à aller de l’avant.

 

Ce serait une belle ouverture pour un nouveau modèle d’affaires numérique ?

 

Rien de décidé au Canada. Certains de nos concurrents s’engagent dans cette direction. Il faut avoir des plateformes, des usines, des plans de produits et une stratégie de commercialisation. Nous avons encore quelques années devant nous.

 

Après l’Europe, The New Auto Strategy est-elle une stratégie déjà en développement au Canada ?

 

Absolument, et nous sommes 100 % derrière cette stratégie. La perception de notre image de marque est différente à travers le monde et nous cherchons à uniformiser cette vision. Un des aspects travaillés est la recharge de véhicules électriques par notre partenariat avec Siemens. Nous implanterons une trentaine de stations de recharge au Canada d’ici 2025. Nous visons la diversification de nos services et produits pour notre nouvelle clientèle au Canada et en Amérique du Nord. Beaucoup d’opportunités et des investissements majeurs sont à venir et le Canada va en bénéficier énormément. Nous cherchons aussi à accroître nos achats et notre implication au pays. (Voir sur automedia.ca : Le groupe Volkswagen signe un accord avec le gouvernement canadien sur la création de valeur des batteries et la sécurité des matières premières.)

 

Les inventaires des constructeurs sont bas. Pensez-vous qu’ils reviendront au niveau prépandémie ou qu’ils devraient être réduits ?

 

Il faut incontestablement conserver un volume plus bas que ce que l’on connaissait avant la pandémie. Aujourd’hui, on est à l’extrême, une situation qui ne perdurera pas. Cependant, on ne peut plus avoir trois ou quatre mois d’inventaire. C’est une perte de valeur et le consommateur paye en fin de compte. En Europe, le manque d’espace fait que les concessionnaires ont moins de stock et le consommateur est habitué à commander trois à six mois d’avance. C’est un modèle qui fonctionne très bien. En Amérique du Nord, on est peut-être trop habitués à l’abondance. Je crois que l’on va revenir à un juste milieu avec un modèle plutôt just in time

 

De nouvelles transactions viennent d’être annoncées, notamment chez Groupe Spinelli. D’autres sont-elles à venir ?

 

Nous avons 145 concessionnaires au pays, dont 44 au Québec. Sur ces 145, 25 consistent en de nouveaux concessionnaires ou changements d’actionnaires, mais très peu concernent le Québec.

Groupe Wood Automotive, basé à Calgary et qui possède sept concessions, un centre de collision et un centre de véhicules d’occasion, a ouvert Okotoks Volkswagen, le premier « nouveau » satellite Volkswagen au pays. 

Okotoks Volkswagen : le premier « nouveau » satellite VW ouvre ses portes au Canada

 

Le 11 juillet dernier, le Groupe Wood Automotive, basé à Calgary et qui possède sept concessions, un centre de collision et un centre de véhicules d’occasion, a ouvert Okotoks Volkswagen, le premier « nouveau » satellite Volkswagen au pays. 

Situé à Okotoks, le satellite opère à partir de la concession South Center Volkswagen à Calgary. Joshua Buchana, le directeur général de la concession mère, sera aussi chargé du satellite. 

L’immeuble de 9000 pieds carrés affiche la nouvelle image des concessions satellites de Volkswagen Canada. On y trouve une salle d’attente moderne et une douzaine de baies de service et de nettoyage, dont une réservée exclusivement aux véhicules électriques, en plus de trois stations de recharge (dont une exclusive aux techniciens de l’entreprise). 

 

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