Après la politique: Robert Poëti à la tête de la CCAQ

Après la politique:  Robert Poëti à la tête de la CCAQ

Plusieurs concessionnaires ont confirmé à AutoMédia que la rumeur qui bruissait depuis quelques semaines était bel et bien fondée : Robert Poëti, ancien policier et bientôt ex-ministre, sera le nouveau président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec.

Il remplacerait ainsi Me Jacques Béchard qui, après avoir occupé le poste pendant plusieurs années (à partir de 1992), a préféré se retirer et ainsi mieux se remettre des suites du grave accident survenu en février 2017, alors qu’une automobiliste l’a fauché sur le trottoir.

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Avenir incertain

Les spéculations allaient bon train sur l’avenir de Robert Poëti depuis que celui-ci a pris le caucus libéral par surprise, fin mai, en annonçant son retrait de la vie politique. Qu’allait-il faire ensuite ? Des rumeurs – encore elles – envoyaient l’actuel ministre délégué à l’Intégrité des marchés publics et aux Ressources informationnelles travailler pour la firme de sécurité Garda.

Il a récemment confirmé au Journal de Québec qu’il avait effectivement reçu une offre de la part de Garda en 2016. « Aujourd’hui, je vous dis que je ne vais pas à Garda. Je verrai en octobre, mais actuellement, ce n’est pas ça », a précisé M. Poëti.

Selon des proches de la CCAQ, la nomination officielle de Robert Poëti viendrait assortie d’un mandat de quelques années, possiblement cinq. Cette période sera bien entendu mise au service des quelque 830 concessionnaires-membres de la CCAQ et des nombreux dossiers complexes que pilotait Me Béchard. Mais l’embauche de M. Poëti servirait également à préparer sa relève, en l’occurrence Me Ian P. Sam Yue Chi, qui depuis quelques semaines à peine a été promu vice-président directeur général de la CCAQ.

Plusieurs acteurs de l’industrie automobile le disaient et le répètent : il faudrait idéalement un autre avocat pour poursuivre le colossal travail de Me Béchard à la tête de la CCAQ. Or, le mandat à durée prédéterminée de M. Poëti permettrait à Me Chi de graduer lentement mais surement vers la présidence de la Corporation. Ce dernier a été notamment stagiaire chez Fasken Martineau à Québec avant de se joindre à la CCAQ en 2007.

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Ian P. Sam Yue Chi, vice-président directeur général de la CCAQ.

 

Un CV bien rempli

Né à Montréal (il fêtera ses 63 ans le 13 août prochain), Robert Poëti détient une maîtrise de l’École nationale d’administration publique. Après des études collégiales en administration, il joint l’école nationale de police pour devenir agent et remplir diverses fonctions, dont la direction du service des communications et le poste d’inspecteur-chef du Service de la sécurité routière pour l’ensemble du Québec.

Sa carrière politique débute en 2012 alors qu’il est élu député de la circonscription de Marguerite-Bourgeoys aux élections générales du 4 septembre 2012. Très vite, ses fonctions le guident dans le domaine des relations parlementaires tant au niveau national qu’internationale dans la francophonie, en Catalogne et en France. Puis il sera porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique.

Parmi ses autres fonctions, Robert Poëti a œuvré au sein de la Commission des finances publiques, a été président du Conseil du trésor et vice-président de la Commission de l’économie et du travail. Il a également été membre de la Commission de la santé et des services sociaux, du Comité ministériel de l’économie, de la création d’emplois et du développement durable.

Mais c’est sans doute en tant que ministre des Transports d’avril 2014 jusqu’à la fin janvier 2016, et ministre responsable de la région de Montréal, qu’il est mieux connu. En novembre 2014, il présentait le projet de loi 25 qui permettait à l’Office de la protection du consommateur de gérer la délivrance des permis de licences de commerçant et de recycleur de véhicules routiers.

Plus tard, il rencontrait les représentants des concessionnaires et des constructeurs pour une table de travail, notamment au sujet de l’accès aux véhicules électriques dans le cadre de l’électrification des transports et de la loi Zéro émission (AutoMédia avril 2015).

Après qu’on lui eut retiré ce ministère et malgré toutes les spéculations, il poursuit son travail, cette fois à titre de ministre à l’Intégrité des marchés publics et aux Ressources informationnelles. Parmi ses réalisations, il fera adopter unanimement le projet de Loi sur l’autorité des marchés publics.

À la surprise de tous, incluant le premier ministre Couillard, le 30 mai dernier, il annonce son retrait de la vie politique au terme de son présent mandat. « Ma vie, c’est seulement des lundis et j’aimerais retrouver des samedis et des dimanches » a-t-il partagé lors d’un point de presse. Après six ans de travaux parlementaires, il est clair que le ministre désire consacrer plus de temps à ses proches qu’il dit avoir négligés.

Le 13 juin, il s’adresse à la presse dans le hall de l’hôtel du parlement au sujet de la confiance envers les institutions et l’annonce d’une mesure de plus dans la lutte contre la corruption. C’est donc en quelque sorte une continuité pour Robert Poëti que de prendre la direction d’une Corporation qui doit travailler étroitement avec l’AMF.

 

Photo. Crédit: Elizabeth Caron

Robert Poëti, alors ministre des Transports, lors d’une allocution à l’Association des transports du Canada (ATC)

 

Catégories: Actualités

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