Une crise automobile en vue?

Une crise automobile en vue?

Se dirige-t-on vers une crise mondiale de l’automobile ? C’est ce que craint le cabinet de consultants AlixPartners. Dans son étude annuelle présentée cette semaine à Paris, la firme est catégorique : tous les signes sont passés au rouge.

 

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Fermeture d’usines à venir 

Baisses de volume des ventes, fortes hausses des investissements, tout est mis en place pour impacter les marges de rentabilité des constructeurs et entraîner des fermetures d’usines au cours des cinq prochaines années, soutient Laurent Petizon, directeur du secteur automobile chez AlixPartners. Et ce scénario, insiste-t-il, avait commencé à se dessiner bien avant les nouvelles du Brexit, de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et d’une potentielle crise armée au  Moyen-Orient.

 

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Plus de baisses à venir 

Selon les observations d’AlixPartners, le marché automobile mondial devrait enregistrer une baisse de plus de 3% dans les deux prochaines années. Dans son rapport, la firme estime qu’il faudra attendre jusqu’en 2024 pour que le marché mondial revienne aux ventes de 2017 qui avaient atteint près de 94 millions de véhicules. Et rien de rassurant non plus du côté des marges opérationnelles, qui après avoir culminé à 6,2% en 2016, ont chuté sous les 5% en 2018.

 

Pas juste chez nous 

Lors de son allocution, Laurent Petizon a souligné le manque d’issue pour l’industrie. « En 2008, lors de la crise financière, la solide croissance chinoise avait sauvé la filière automobile. Dans les années qui viennent, les trois principaux marchés (Chine, Europe, États-Unis) seront simultanément en stagnation ou en récession, ce qui constituera une première pour l’industrie », avertit l’expert.

 

Mauvais timing 

Cette crise des ventes arrive à un très mauvais moment, dit-il. Les investissements des entreprises du secteur explosent pour développer les véhicules électriques nécessaires au respect de normes environnementales imposées par la Chine et l’Europe. Juste pour l’électrification des véhicules, ce sont plus de 275 milliards de dollars que projettent investir les fabricants… sans aucune certitude sur l’éventuel potentiel de ventes, précise-t-il. 

 

Conclusion 

En somme, il prévoit que 40 à 60 usines dans le monde seront soit fermées, soit transformées dans la fabrication de batteries électriques au cours des cinq prochaines années. On risque d’assister à des enterrements, prévient Laurent Petizon.

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À propos de l'auteur

Claudine Hébert

Passionné de sports et de plein air, de tourisme d’affaires et tout ce qui touche l’univers des PME, Claudine Hébert a collaboré pour de nombreux médias, dont La Presse, Reuters, Ski Presse, Coup de Pouce et Bel ge. Actuellement, elle travaille régulièrement pour le Journal Les Affaires et les magazines Affaires Plus, Camping-Caravaning, Rando-Québec et Automédia.

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