Robert d’Auzac : qui ose gagne

Robert d’Auzac : qui ose gagne

L’automobile est aux antipodes des aspirations du Français Robert d’Auzac de Lamartinie, 23 ans, lorsqu’il atterrit à Montréal en 1966. Inspiré par un père, militaire haut gradé et héros des deux grandes guerres, et un frère qui a bourlingué dans la marine, cet ex-commando parachutiste de l’armée française souhaite découvrir le monde. Collaboration spéciale de Luc Gagné. 

 

Trader

Peu après son arrivée toutefois, il rencontre l’âme sœur : Luce Lacharité, une Québécoise avec qui il partagera cinq décennies. Fini les voyages ! Il doit trouver du boulot. 

Après avoir travaillé pour deux concessionnaires Renault, il est recruté par Fiat, qui en fait ultimement son directeur régional pour l’est du Canada. « Les Fiat étaient populaires dans les années 70 mais pas fiables, et les dirigeants ne faisaient rien pour corriger les problèmes », rappelle Robert d’Auzac.

« J’avais déniché des gens d’affaires motivés et les Québécois avaient un penchant pour les ‘‘p’tites japonaises’’. »

En 1976, il se joint à Mazda Canada. Fondée huit ans plus tôt, cette entreprise est cependant chancelante; ses 11 concessionnaires québécois peinent à vendre 811 véhicules cette année-là. Cela inquiète le jeune directeur régional à Montréal. « Notre premier enfant venait de naître; je n’avais pas le choix. J’ai dû créer un réseau de concessionnaires et une équipe régionale. Ma carrière a commencé à ce moment-là. »

Trois ans plus tard, ses 45 concessionnaires vendent la moitié des véhicules de la marque au pays. « J’avais déniché des gens d’affaires motivés et les Québécois avaient un penchant pour les ‘‘p’tites japonaises’’. » D’ailleurs, la GLC, lancée en première mondiale au Salon de Montréal de 1977, devient rapidement une bougie d’allumage pour Mazda tant le public en raffole. 

Robert d'Auzac

Robert d’Auzac serre la main de Kenichi Yamamoto, président de Mazda Motors de 1984 à 1987, qui a dirigé la division de développement du moteur rotatif dès avril 1963. Ils sont en compagnie de Toshi Mori, devenu président de Mazda Canada en 1988.

Le Québec reste le marché canadien numéro un durant tout son mandat. Puis, en 1990, on invite Robert à diriger le service des ventes d’Amati, future marque rivale de Lexus, Infiniti et Acura. Durant deux ans, il travaille d’arrache-pied à préparer son lancement et recrute 21 concessionnaires. Mais en octobre 1992, c’est la consternation : Mazda Motors met fin abruptement au projet.

Robert est alors affecté à diverses tâches des ventes avant d’opter pour une retraite bien méritée en 2004. « En 28 ans de carrière, j’ai côtoyé beaucoup de gens extraordinaires. Pensons, entre autres, à Luc Cormier, Alain Desrochers, Jacques Parent et Rania Guirguis (recrutée à 18 ans), mais aussi Vic Hearst (mon ‟professeur”), Derek Miles et Dave Klan, un gars talentueux qui est aujourd’hui le président ! »

Robert d'Auzac

Robert d’Auzac recevant un trophée de la part de M. Asano, le directeur général Mazda Motors au Japon. Sur la photo, on voit (de g. à d.) : Luc Cormier, Frank Mancuso, Robert d’Auzac, M. Asano, Mazda Motors, Garry Chapleau (Absent sur la photo au moment de prendre la photo, selon Robert d’Auzac : Pierre Lapointe).

Robert est particulièrement élogieux envers Michel Benchimol, président de 1997 à 2006. « Ce visionnaire a propulsé Mazda Canada de la stagnation à une période faste (ndlr : 25 325 ventes en 1995, 81 007 en 2006). »

À l’approche de ses 77 ans, il demeure enthousiaste et suit la progression des ventes de Mazda tous les mois ! Robert est convaincu que rien n’est impossible et qu’on peut déplacer des montagnes si on reste positif, philosophie faisant écho à la devise des parachutistes de l’armée française (adaptation de celle des SAS britanniques) : qui ose gagne.

Robert d’Auzac

Robert, jeune commando parachutiste de l’armée française en 1962 environ.

 

 

 

 

Catégories: Industrie

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