Manque de main-d’œuvre : une préoccupation dominante

Manque de main-d’œuvre : une préoccupation dominante

L’industrie automobile partage une problématique avec bien d’autres industries au Québec: Le manque de main-d’œuvre. Particulièrement une main-d’œuvre qualifiée. C’est pour traiter de ce sujet d’importance que le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie automobile (CSMO-Auto) a tenu son troisième Sommet RH le 25 mai dernier au Grand Times Hotel de Drummondville. Au programme, deux conférences et deux ateliers ayant un thème commun: le défi des entreprises en matière de ressources humaines.

 

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Les chiffres parlent d’eux-mêmes 

Et les défis, ils sont bien réels, comme l’a souligné Richard St-Pierre, économiste de formation et directeur général de la planification et du marché du travail à Emploi-Québec. « Il y a plusieurs années, on en parlait et on le répétait : “Avec le vieillissement de la population, le bassin de main-d’œuvre va diminuer.ˮ Là, on est en plein dedans. » Des chiffres à l’appui :

  • taux d’emploi en 2016 de 73,3 %, un sommet historique. Il est de 80,4 % dans la Capitale-Nationale;
  • prévisions pour 2024 : 76,1 %;
  • le taux de chômage a atteint son plus bas niveau en 2016 avec 7,1 %;
  • d’ici 2020, le Québec sera en déficit de 15 000 travailleurs.

Concrètement, comment ça se traduit dans le secteur automobile ? Surtout que, contrairement à d’autres secteurs, dont certains ont vu leurs emplois fondre de 10 %, celui de l’auto a connu une légère hausse de ses activités en 2016, qu’on parle des grossistes, des marchands ou des ateliers de réparation. Un participant au Sommet mentionne la pénurie de techniciens en carrosserie, une pénurie telle qu’il envisage d’attirer ici nos cousins français, réputés pour leur grande compétence dans ce domaine. Ici, c’est autant dans la qualification que dans la quantité que le bât blesse, et on doit se tourner vers l’immigration pour redresser ce bât.

 

Adapter l’éducation 

Puisqu’on parle de qualification, un autre participant pointe les programmes de formation du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). Ils ne reflètent plus la réalité du marché du travail. Le DEP est resté inchangé malgré l’évolution de l’industrie. On donne l’exemple du soudage au plomb, matière toujours enseignée, alors que le procédé n’est plus utilisé dans les entreprises. Les technologies bougent vite, mais les programmes de formation du MEES restent figés. Les finissants qui entrent sur le marché du travail ne possèdent donc pas les qualifications recherchées par les entreprises. Le taux de placement est d’ailleurs très faible dans certains corps de métier. Et cela, c’est sans parler du faible taux d’inscription à ces programmes. Les jeunes orientent leur carrière ailleurs.

Le représentant d’un centre de formation confirme la vitesse constante des nouvelles technologies et le défi de former des étudiants pour des emplois qualifiés. Il faut constamment se mettre à jour, mais l’ambition d’être à la fine pointe est stoppée par le manque de ressources financières. Les employeurs doivent donc former eux-mêmes leurs travailleurs, ce qui demande temps et argent, mais surtout ralentit leur productivité.

L’adéquation formation-emploi est donc au cœur de la solution pour corriger le déséquilibre qui existe dans l’offre et la demande dans l’industrie automobile. On en a parlé, on l’a répété, maintenant on le vit. Les enjeux sont grands et demandent la collaboration de toutes les parties prenantes, car le bassin, lui, continue de se vider.

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