Les concessions fantômes

Les concessions fantômes

Durant la compilation de notre Dossier sur les groupes, nous sommes tombés sur deux situations intrigantes, soit les concessions satellites et les « stand alone »… qui n’en sont pas vraiment ! Explications.

 

Mais pourquoi alors ne pas parler d’une concession en bonne et due forme ?

 

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En orbite

Le satellite est une concession qui dépend d’une autre. Prenons le cas de Kia. Les deux satellites sont Cowansville Kia, jumelé avec Kia Granby (Groupe Beaucage de Daniel Beaucage), et Régate Kia Huntingdon, qui dépend de Régate Kia Valleyfield (Groupe Régate de Claude Éthier et Steve Charland). Dans la liste des 63 concessions Kia de la Belle Province, leurs performances sont « fondues » à celles de leur « concession-mère ».

Mais pourquoi un satellite ?

« Parce que les propriétaires ont déterminé qu’il existe dans leur PMA (Primary Market Area) un potentiel pour développer davantage le marché automobile, explique Pascal Lapierre, directeur régional – Région de l’est pour Kia Canada. Donc, au départ, ça ne vient pas de nous, du constructeur. Nous, on ne voyait pas ce potentiel. Mais quand les concessionnaires nous ont approché en nous disant qu’ils avaient évalué un potentiel, nous avons regardé le PMA sous un nouvel angle. »

Le constructeur définit un PMA à partir de plusieurs critères, le principal étant le nombre d’immatriculations enregistrés à la SAAQ. Outre des facteurs comme la démographie et le vieillissement de la population, la grosseur du bassin de clients potentiels est primordiale.

« Nous nous assurons que notre image sera bien respectée, poursuit M. Lapierre. Le concessionnaire va prendre des engagements dans ce sens. Car pour nous, un satellite, c’est un concessionnaire complet, qui offre tous les services. C’est l’une de nos exigences. »

Mais pourquoi alors ne pas parler d’une concession en bonne et due forme ?

« C’est vrai que ça ressemble à du « stand alone » mais dans ma liste de concessions, ils sont sous la responsabilité d’une « concession-mère », en vertu du territoire défini par le PMA. »

Dit autrement, ça ressemble à un compromis. Le constructeur a ses analyses du territoire et le concessionnaire a les siennes (appuyées en plus par plusieurs années d’opération dans le marché visé). Le premier donne donc au second l’autorisation de pousser plus loin l’exploitation de la marque mais sans dépasser les limites du territoire et en faisant en sorte que les chiffres de vente du satellite rejoignent ceux de l’autre concession.

Et si un jour le satellite développe des ventes égales ou meilleures à celles de la concession principale, pourrait-on lui accorder le statut de concession autonome ? 

« Ça pourrait arriver », conclut Pascal Lapierre.

Pascal Lapierre, directeur régional – Région de l’est pour Kia Canada

 

« Ils ne sont ni satellite, ni « stand alone », précise Daniel Labre, directeur des communications de FCA. La marque Alfa fait partie de leur concession Chrysler Dodge Ram Jeep déjà en place, mais avec leurs propres bâtiment et identification pour cette clientèle. »

La méthode FCA

FCA compte présentement 96 concessions actives au Québec :

– 94 représentent Chrysler, Dodge, Ram & Jeep

– 58 représentent ProMaster

– 36 représentent Fiat

– 2 représentent Alfa Romeo

– sans oublier deux (2) Alfa Romeo considérés non pas comme des satellites mais comme des « stand alone ».

 

Ces 2 « stand alone » Alfa Romeo sont :

  • C1941 – John Scotti Alfa Romeo
  • C1942 – Des Sources Alfa Romeo

Les 2 autres commerces Alfa Romeo ne sont pas considérés « indépendants » car ils ont le même « code de concessionnaire » que la concession Chrysler dont ils dépendent :

  • C4220 – Lasalle Alfa Romeo Fiat
  • C4658 – JD Alfa Romeo Fiat

 

Est-ce qu’on peut dès lors les considérer comme des satellites ?

« Ils ne sont ni satellite, ni « stand alone », précise Daniel Labre, directeur des communications de FCA. La marque Alfa fait partie de leur concession Chrysler Dodge Ram Jeep déjà en place, mais avec leurs propres bâtiment et identification pour cette clientèle. »

De fait, LaSalle Alfa Romeo loge au 2225 rue Léger alors que LaSalle Chrysler, dont dépend LaSalle Alfa Romeo, est au 7315 boulevard Newman. Deux adresses civiques distinctes. 

Même phénomène à Boischatel pour JD Alfa Romeo Fiat (5620 boul. Ste-Anne) qui relève de JD Chrysler Jeep (5740 boul Ste-Anne), du Groupe JD.

 Mais FCA insiste pour les considérer ni comme satellite, ni comme indépendant. « Il s’agit dans chaque cas d’une seule concession utilisant deux bâtiments », tranche Daniel Labre.

En revanche, FCA dénombre bel et bien deux (2) véritables satellites dans la Belle Province :

       La Pérade Chrysler Dodge Jeep est un satellite de Donnacona Chrysler Dodge Jeep Ram (code C4242).

       Les Escoumins Chrysler Dodge Jeep Ram est un satellite de Clermont Chrysler Dodge Jeep Ram (code C4596).

Pas toujours simple de s’y retrouver…

Daniel Labre FCA

Daniel Labre, directeur national produits, marketing et communications pour FCA Canada

 

« Un satellite fait aussi du sens sur le plan financier puisque les deux bâtisses – la principale et le satellite – n’exigent qu’un seul contrôleur, un seul directeur de compte, etc. »

MINI et BMW

Sur les 5 franchises MINI installées au Québec, MINI Brossard, du Groupe Park Avenue, ne pose pas problème puisqu’il s’agit d’un bâtiment à part entière, situé au 8755 boul. Taschereau, alors que la concession Park Avenue BMW Brossard, se dresse au 8400 du même boulevard. Aucun danger de confondre les deux bâtiments.

Par contre, MINI Mont-Royal (4070 rue Jean-Talon Ouest, à Montréal) est en fait le nom donné à la bannière MINI qui dépend de BMW Canbec, au 4090 de la même rue Jean-Talon.Même proximité à Laval où le bâtiment MINI jouxte le bâtiment BMW. Pourtant, le BMW (2450 boul. Chomedey) et le MINI (2440 boul. Chomedey) ont chacune leur adresse civique et, de fait, aux yeux de Carmine D’Argenio, actionnaire avec AutoCanada dans Canbec et Laval, il s’agit de deux « stand alone », bien que l’on puisse passer d’une salle de montre à l’autre sans sortir dehors…

« Chez Canbec, on a d’abord eu une boutique MINI sur St- Laurent, au coin de Rachel, au début des années 2000, rappelle Carmine. Aujourd’hui, MINI Mont-Royal n’est pas vraiment un « stand alone », puisqu’elle partage des baies de service avec BMW. »

« Les satellites sont fréquents aux États-Unis et en Europe, poursuit M. D’Argenio. Dans les vieux pays, ça se comprend facilement : le manque d’espace force un concessionnaire à ouvrir des « boutiques », des salles de montre qui mettent en valeur les modèles mais qui ne comportent aucun département des pièces ou atelier de service. »

« Un satellite fait aussi du sens sur le plan financier puisque les deux bâtisses – la principale et le satellite – n’exigent qu’un seul contrôleur, un seul directeur de compte, etc. »

 

Carmine D'Argenio

Carmine D’Argenio, président de BMW-MINI Laval

 

Voir le Bottin de tous les groupes du Québec (2018), ici. 

Voir tous les changements chez les groupes de concessionnaires automobiles depuis septembre 2017, ici. 

Les groupes de concessionnaires au Québec 2018

Catégories: Industrie

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