Les ballounes : OÙ ÇA S’ARRÊTE ?

Tout le monde connaît ces fameuses ballounes – ces quelques centaines de dollars que le client doit encore sur le prêt du véhicule qu’il s’apprête à échanger –, autant de dollars qui viendront gonfler le prix d’une nouvelle transaction. Je dis quelques centaines, mais ce solde s’élève souvent à plusieurs milliers de dollars. Et la question se pose : comme concessionnaire, où doit-on s’arrêter ?

 

Tout le monde le fait… fais-le donc ?

Effectivement : où s’arrêter devant ces dossiers que l’industrie nomme à tort « d’équité négative » ? (NDLR : le bon usage du français veut qu’on dise plutôt du « capital négatif ».)

Quel cercle vicieux, que ce client qui force la machine à fonctionner de la sorte. Il veut changer de véhicule, mais il est en position négative – c’est-à-dire que le solde sur son prêt est plus élevé que la valeur de son véhicule sur le marché. Alors, on transfère le solde de la dette sur la nouvelle – et basta.

Dans les faits, nous savons que ce procédé n’est pas permis par l’OPC. Sauf qu’on ne jouera pas à l’autruche… il s’agit d’une pratique courante. Au Canada l’an dernier, 30 % des véhicules donnés en échange étaient en capital négatif d’en moyenne 7051 $. Au Québec, c’est 31,5 % des échanges qui, en 2018, étaient accompagnés d’une dette moyenne de 5184 $. (Source : JD Power – Power Information Network ® 1/22/2019)

En fait, il s’agit de quelque chose de si fréquent que plusieurs institutions financières demandent maintenant aux concessionnaires de divulguer dans leurs demandes de prêts la somme attribuée à cette fameuse balloune.

 

Attention, il y aura des conséquences  

Qui est coupable dans tout ça ?

De fait, il s’agit d’une valse à trois :

  • le consommateur qui cherche à combler un besoin ou même simplement une envie;
  • le concessionnaire qui veut lui vendre une automobile;
  • finalement, le créancier – et c’est ce 3e danseur qui décide des règles du jeu.

 

D’abord, c’est l’institution prêteuse qui détermine la capacité de payer du client. C’est aussi elle qui détermine la valeur à financer. Enfin, c’est elle qui prend la décision finale.

Dans l’équation des prêteurs, le premier ingrédient y fait pour beaucoup. Si le consommateur a une très bonne cote de crédit, il sera facile de lui accorder du financement pour 45 000 $, et ce, même si le véhicule neuf qu’il souhaite se procurer n’en vaut que 40 000 $.

Et à ce stade-ci, que personne ne vienne dire que les créanciers ne connaissent pas les prix de l’industrie automobile. Bien au contraire – et ça part d’un principe fort simple : plus le montant à emprunter est élevé, plus le terme est (généralement) long et plus le consommateur paye (assurément) de l’intérêt.

À la fin de la journée, les concessionnaires et les prêteurs y trouvent leur compte, mais c’est au détriment du consommateur qui empile les dettes. Il s’agit d’une situation malsaine qui risque de conduire à une réglementation plus sévère avec l’éventuelle modernisation des règles québécoises entourant le crédit à la consommation.

Rappelons-nous que c’est ce genre de laisser-aller qui a mené l’Autorité des marchés financiers (AMF) à encadrer les ventes d’assurances en concession. Un sort similaire guette le milieu du financement automobile.

 

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