François Gravel, Volkswagen

LE BLOGUE D’ANTOINE JOUBERT: François Gravel, fidèle serviteur pendant 30 ans

Représentant des ventes pour Arbour Volkswagen de Laval, François Gravel fêtait tout récemment ses 30 ans de service pour ce même concessionnaire. Trente ans au même poste, à voir évoluer la marque, la clientèle, les employés et la famille Arbour, pour qui il ne tarit pas d’éloges. Trente ans à se lier d’amitié avec sa clientèle et, comme il le dit si bien, à avoir parfois le cœur brisé après le départ d’un collègue ou la disparition de modèles de voitures qu’il affectionne tout particulièrement, comme la Golf SportWagen.

L’idée de m’entretenir avec François, que je me permets de tutoyer, m’est donc venue en apprenant qu’il a pratiquement consacré sa vie professionnelle à la famille Arbour. Le genre d’histoire inspirante, trop peu commune et qui, évidemment, vient mettre un baume sur la réputation d’un métier généralement vu d’un mauvais œil. Celui de vendeur automobile. Par: Antoine Joubert

 

Antoine Joubert : François, tu n’as toujours vendu que du Volkswagen. Pourquoi ?

François Gravel : Avant même d’être vendeur, j’avais essayé une Volkswagen Rabbit GTI 1980 de couleur noire dont j’étais littéralement tombé amoureux. À une époque où la majorité des voitures étaient gigantesques et faisaient appel à de grosses cylindrées, la Rabbit éveillait en moi quelque chose d’unique.

Elle m’a d’ailleurs dirigé vers mon premier travail comme vendeur, chez un autre concessionnaire Volkswagen, en août 1983. Quelques mois plus tard, je mettais la main sur mon premier démonstrateur, une Rabbit GTI 1984 blanche avec laquelle j’ai roulé pratiquement toute la nuit au premier jour de son acquisition, alors que je terminais de travailler à 21 h et que je recommençais à 9 h le lendemain. 

Encore aujourd’hui, j’adore le produit. J’ai l’impression que ces voitures nous parlent, qu’elles interagissent avec le conducteur. Ça m’amène à vous dire qu’il est pour moi impératif qu’un vendeur croie en son produit. Sans quoi la crédibilité en prend pour son rhume. Personnellement, je ne m’imaginerais pas vendre ou conduire autre chose.

 

AJ : Comment perçois-tu le métier de vendeur automobile, et que dirais-tu à ceux qui souhaitent y commencer une carrière ?

FG : J’admets que si je devais entreprendre cette carrière aujourd’hui, je trouverais l’exercice plus difficile. J’aurais l’impression de monter l’Everest à genoux. Parce que les produits, les programmes et les formations sont plus complexes que jamais. Parce que la clientèle est plus critique et davantage sur la défensive et parce qu’il faut être mieux armé que je ne l’étais à l’époque pour exercer le métier. 

J’insiste encore sur l’importance d’être passionné par le produit, mais il faut aussi que celui qui se lance comme vendeur auto ne le fasse pas de façon temporaire. Qu’il y voie une vocation. Et il est important de comprendre que durant la première année, les revenus pourraient être maigres. Très maigres. De ce fait, avoir un coussin financier avant de débuter est primordial, sans quoi le vendeur pourrait être pris de panique et accumuler rapidement les erreurs dans la seule optique d’une commission à tout prix.

Le métier de vendeur automobile est magnifique. Il te lance constamment des défis, mais te permet de créer du bonheur, des amitiés, à travers un domaine qui, encore une fois, est passionnant.

VW Rabbit 1981
VW Rabbit 1981

 

AJ : Que dirais-tu à ceux qui ne respectent pas le métier et qui engendrent en quelque sorte cette réputation négative qui l’accompagne ?

FG : Il m’est arrivé trop souvent de voir débarquer de nouveaux collègues au concessionnaire, qui n’ont évidemment pas fait long feu, et qui avaient la fâcheuse habitude de mentir au client dans un but parfois même inexplicable. Ce sont ces gens qui viennent nuire à notre réputation. Et malheureusement, il y aura toujours trop de ces personnes qui ne pensent qu’à leur poche et qui ne voient aucunement les bénéfices d’établir une relation à long terme avec la clientèle. 

Personnellement, j’ai rapidement compris que si j’avais passé les 37 dernières années à mentir en vendant des voitures, j’aurais aujourd’hui besoin de 25 secrétaires à temps plein pour gérer mes mensonges. Alors que quand tu n’as que la vérité à te rappeler, la vie est beaucoup plus simple.

 

AJ : Devenir directeur des ventes, l’as-tu déjà envisagé ? 

FG : On m’a déjà offert le poste et la meilleure décision que j’ai prise aura été de le refuser. J’ai rendu service à mon employeur en la déclinant parce que je considère qu’un bon directeur des ventes doit avant tout être un bon administrateur, ce que je ne suis pas nécessairement. Puis, à l’inverse, j’oserais dire que rares sont les directeurs des ventes qui sont aussi d’excellents vendeurs. 

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