Hyundai Genesis: Un gros pari

Hyundai Genesis: Un gros pari

Hyundai se lance dans l’arène du luxe avec Genesis, une division d’élite. Il faut remonter à 1989, année du lancement de Lexus et Infiniti, pour retrouver pareille audace. Pariez-vous sur ses chances de succès?

Pour miser juste, il faut se demander quelles sont les conditions que devra respecter Genesis pour se hisser au niveau des marques déjà prestigieuses ?

Ce succès passera d’abord par la qualité du produit, cela va de soi. Les berlines G90 et G80 vues au salon de New York exhibaient une allure racée et les prochains mois nous renseigneront sur leur tenue de route. Nul doute que Hyundai connaît la compétition par cœur.

À telle enseigne que le conglomérat coréen est allé chercher Luc Donckerwolke, ancien chef du design de Bentley et Lamborghini. Le talentueux Belge travaillera avec Peter Schreyer, lui-même recruté chez VW il y a 10 ans, un premier coup de génie. Ce duo sera intéressant à suivre.

Côté performances, les ingénieurs maîtrisent déjà les gros V8, comme le 5,0L de 420 chevaux de la Kia 900 et de l’Equus. Mais ce n’est pas assez. Les Allemandes ont une tenue de route qui à elle seule convainc les adeptes de délier leur bourse. Que les Genesis se contentent d’un comportement seulement confortable et ce sera fatal.

Voilà pourquoi la marque a poursuivi son recrutement à arrachant Albert Biermann à BMW pour qu’il supervise la création d’un châssis à la fois serein et athlétique. Son équipe a dû camper sur un circuit exigeant comme le Nurburgring pour rendre ses véhicules dignes des performances germaniques.

L’expérience client est le deuxième critère essentiel à l’aulne duquel Genesis sera jugée. Le futur client sera encore plus fier s’il peut raconter à ses voisins de quelle manière on le traite aux petits oignons.

Avec seulement deux modèles pour commencer, Hyundai ne peut pas exiger de ses concessionnaires sélectionnés qu’ils érigent un bâtiment dédié On verra peut-être un décor spécifique dans la concession, sans plus. En revanche, pour optimiser le temps du client, les dépositaires lui offriront d’amener le véhicule à essayer ou à récupérer à l’endroit de son choix. Pourront-ils maintenir ce genre de service une fois la gamme plus étoffée, on verra.

Enfin, si le marchand propose une expérience rien de moins qu’exceptionnelle, il marquera des points. N’importe quel consommateur s’attend à recevoir un bon service dès qu’il dépense ses dollars âprement gagnés et c’est encore plus vrai quand le nombre de liasses forme une impressionnante montagne de bidou.

Restera le prix. Alléchant, sans doute, comme l’a fait Lexus pour sa LS jadis. Les Allemands ont l’habitude de greffer à leurs limousines des listes d’options longues comme le bras. Les Coréens voudront-ils épater avec une limo toute garnie ?

On peut présumer que Hyundai se lance dans l’aventure parce que les marges de profit sont plus juteuses dans le luxe mais, surtout, parce qu’elle veut prouver au monde entier ce dont elle est capable. Genesis sera sa vitrine pour les trouvailles dernier cri en matière de performance, confort, divertissement et sécurité.

En fait, Hyundai prépare aussi une division N. Hé oui, comme les M, AMG et V-Series de ce monde. Avoir confiance en ses moyens, vous dites ?!

 

Catégories: Michel Crépault

À propos de l'auteur

écrire un commentaire

<