Et si les nouvelles marques (Genesis, Polestar, VinFast, Lucid et Rivian) avaient tort ? Voilà la question que je me suis posée en sortant du Salon de l’auto de Montréal en janvier dernier. 

Alors qu’elles ont toutes moins de dix ans d’existence sur le marché canadien, elles sont encore considérées comme nouvelles. Du moins, à mes yeux. Ce faisant, elles ont besoin d’un maximum de visibilité pour se faire d’abord connaître et, ensuite, reconnaître. Or, elles ont choisi de se priver d’une visibilité que je juge exceptionnelle. Une visibilité auprès de 170 000 personnes. 

Bien que cette statistique fournie par l’organisation de l’événement soit optimiste, elle donne une idée de l’ampleur de l’événement. Dans le lot, on trouve des gens qui remplaceront leur auto une semaine plus tard, des jeunes qui achèteront leur premier véhicule dans quelques années, de nouveaux arrivants, des riches, des moins riches, des passionnés d’automobiles, des épouses qui suivent leur mari ou vice-versa, etc. 

Bref, les 170 000 personnes représentent un échantillonnage de la population en général. 

 

Le défi de bâtir une marque à long terme

Et ces nouvelles marques choisissent de s’en priver. Pourtant, existe-t-il un meilleur moyen de faire connaître sa nouvelle marque auprès de la clientèle automobile ? Si oui, vous saurez me le dire. 

Décider du jour au lendemain de débarquer sur le marché automobile, c’est une chose. Assurer une pérennité et une croissance soutenue, c’est autre chose. On se rappellera que VinFast et Polestar ont déjà tenu des kiosques majestueux dans les précédents salons de l’auto. Et maintenant ? Plus rien. Le budget de départ s’est vite dilapidé. 

Derrière le secret de la réussite en automobile au Canada ne se cache pas un sprint, mais bien un marathon.

Oui, il y a un coût important associé aux salons de l’auto. Les constructeurs y investissent de véritables fortunes et ça se compte en millions. Commanditer un tournoi de golf ou s’associer à une athlète professionnelle n’est pas gratuit non plus.  

Je vous entends me dire que Honda, Acura et Mazda continuent de bouder le Salon de l’auto de Montréal. Bon point, je vous l’accorde. Je vous répondrai ceci : sondez la population en demandant à 100 personnes de nommer un modèle vendu par Honda. Et répétez l’exercice avec Genesis. On n’a pas besoin de sortir à -20 sur la rue Sainte-Catherine et de faire un Guy Nantel de nous-mêmes pour reconnaître qu’il y a un grand écart de notoriété. 

Est-ce que Honda peut se passer des salons de l’auto ? Visiblement, oui. Est-ce que Genesis et les autres nouvelles marques peuvent se passer des salons de l’auto ? Si leur croissance était phénoménale, oui. Mais ce n’est pas le cas. 

La connaissance, la reconnaissance et la notoriété d’une nouvelle marque, ça passe entre autres par les grands salons de l’auto. Partager Partager