Entrevue avec Maria Stenström: ce qu’il faut savoir sur VW

Entrevue avec Maria Stenström: ce qu’il faut savoir sur VW

La Suédoise Maria Stenström est le p.-d. g. de Volkswagen Canada depuis 2013. Elle a donc connu l’avant-scandale du diesel et vit maintenant l’après-crise. AutoMédia a profité de son passage dans la ville de Québec pour s’entretenir avec elle. Mary Ellen Belzile, directrice du développement du réseau, ainsi que Serge Morasse, directeur de la planification des produits, se sont joints à la conversation.

 

Le programme Image

Vous êtes venus tous les trois à Québec pour célébrer chez Langlois Volkswagen la nouvelle image de Volkswagen. Quelles en sont les principales caractéristiques ?

Mary Ellen Belzile : Le programme Image « Cadre blanc » (White Frame) est un programme mondial de design de concept modulaire qui a vu le jour en Allemagne en 2008. Au Canada, des concessionnaires ont commencé leur transition dès 2009. Le « cadre blanc » encadre l’identité et la marque VW, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des concessions, de même que dans nos publicités. Comme le concept est modulaire, on peut travailler avec l’empreinte existante de la concession, ou encore l’agrandir.

Maria Stenström : C’est vraiment conçu pour que les clients se sentent les bienvenus et qu’ils puissent voir ce qui se passe partout. Mais bien au-delà d’une image, c’est le visage de VW : moderne, innovant, aujourd’hui et demain.

 

Langlois Volkswagen est le premier dans la région de Québec à adopter cette nouvelle Image. Qu’en est-il des autres concessions ?

MEB : Présentement, 19 concessionnaires du Québec affichent la nouvelle image et, d’ici la fin de l’année, 21 des 43 concessionnaires de la province auront fait le changement. Au Canada, à peu près 45 % de nos 141 concessionnaires affichent déjà l’Image et, d’ici 2019, un autre 40 % devrait être complété.

MS : La plupart des concessionnaires auront sans doute procédé au changement d’ici 2022.

Langlois VW

Langlois VW

 

Le scandale diesel

Sans vouloir tourner le fer dans la plaie, où en est-on avec le scandale du diesel ?

MS : Rien ne pouvait nous préparer à une telle situation. Ça a été une période très difficile tant pour les clients, les concessionnaires, que les équipes. On leur a donné un soutien consistant pendant la crise et on a travaillé à trouver des solutions. Régler le problème ne se fait pas du jour au lendemain, car le processus légal prend du temps. Les clients ont jusqu’au 1er septembre 2018 pour s’enregistrer au programme d’indemnisation et choisir la solution qui leur convient.

En ce moment, pour le 2L, les clients ont le choix entre le rachat de leur véhicule, un échange pour un autre véhicule, ou une modification technique du système d’émission de leur véhicule. Ils ont également tous droit à une compensation financière. Pour le 3L, j’espère que la solution suivra dans les prochains mois.

 

Les véhicules rachetés par Volkswagen Canada sont-ils de retour sur le marché ?

MS : Il faut d’abord préciser qu’on ne revend que les modèles ayant subi une mise à jour adéquate pour modifier le système d’émissions. On parle des véhicules TDI 2,0 L de 3e génération (année-modèle 2015), ainsi que ceux de 2e génération qui disposent d’une transmission automatique. Comme aux États-Unis, en fait. Les concessionnaires nous disent qu’une fois la modification effectuée, les véhicules se vendent très bien. La suspension des ventes est maintenue pour tous les autres véhicules neufs et d’occasion certifiés.

 

Les effets du scandale sont donc en train de se dissiper ?

MS : Cette année, nous sommes en voie d’atteindre les mêmes niveaux de ventes qu’en 2015. Ça veut donc dire que la situation revient à la normale. Il semblerait bien que nous connaîtrons même une année record de nos ventes à l’échelle mondiale en comptant toutes les marques du Groupe Volkswagen.

 

À plus long terme, VW reviendra-t-il avec le diesel ?

MS : Je ne le pense pas. Moi, je vois l’électrique prendre la place du diesel. Avec les motorisations conventionnelles qui s’améliorent, de même que les hybrides et les électriques, le diesel n’est plus essentiel dans la gamme de nos produits

 

La gamme de produits

Volkswagen a pris du temps à embarquer dans le marché des VUS à 7 places. Comment l’Atlas tire-t-il son épingle du jeu ?

Serge Morasse : J’aime souvent dire qu’on arrive un peu en retard à la parade, mais qu’on arrive toujours avec le bon produit. On n’est pas là au début, mais on apprend des autres et quand on arrive, on a quelque chose qui est normalement très bien reçu.

MS : Les ventes de l’Atlas vont si bien que nous vendons tout ce que nous produisons.

 

La nouvelle Jetta sera présentée à Detroit. Vous en espérez quoi ?

MS : Ce sera une grande étape, et j’espère que la nouvelle Jetta aura le même effet que la nouvelle génération de Golf a pu avoir à son arrivée il y a maintenant trois ans.

SM : Il y a une évolution qui s’est produite avec la Golf, et cette évolution va se transmettre du côté de la Jetta. Elle reposera sur la même plateforme MQB que la Golf, et de nombreuses nouvelles technologies seront introduites, comme des systèmes d’assistance de sécurité active.

 

Est-ce que Volkswagen Canada compte élargir sa gamme de véhicules R 

SM : Pour l’instant, on n’a que la Golf R. On met le focus sur la Golf parce que pour nous, c’est un véhicule phare. On aimerait bien introduire d’autres modèles, mais ils doivent être adaptés au marché nord-américain, et ce n’est pas encore le cas. On étudie présentement avec nos collègues américains la possibilité d’introduire la version familiale R qui est offerte en Europe. En attendant, nous avons les versions R Line qui sont plus axées sur le cosmétique et le design. Ça, on va l’offrir dans presque tous nos produits.

 

Et du côté des véhicules électriques ?

MS : Le plan, c’est d’avoir plusieurs modèles électriques bâtis sur la nouvelle plateforme électrique MEB, mais il est encore trop tôt pour pouvoir confirmer lesquels et les dates de lancement.

 

Le futur

Comment VW Canada envisage-t-elle la vente en ligne ?

MS : Notre plan numérique prévoit d’offrir au client le choix entre une expérience virtuelle ou physique, tout en faisant en sorte que le concessionnaire demeure le point de vente principal. En tant que manufacturier, nous n’offrirons pas la vente en ligne pour le moment. On va continuer à faire des tests, comme lorsqu’on a mis en place les acomptes en ligne pour l’e-Golf, ce qui a bien marché, d’ailleurs.

MEB : Nous travaillons entre autres à l’intégration des différents systèmes de configuration pour que le client puisse passer de la maison à la concession sans avoir à tout recommencer.

 

Que pensez-vous de l’autopartage ?

MS : Ça fait partie des essais et des tests qu’on veut faire dans les années à venir. Il n’y a pas de stratégie exacte aujourd’hui, mais c’est à suivre.

 

Quelle est l’importance du Québec pour VW Canada ?

MS : Vraiment important ! Je mets beaucoup d’accent sur un «  plan Québec » au niveau des actions et du marketing afin que les Québécois puissent dire « Voilà, c’est Volks! »

SM : Nous avons toujours joui d’une belle histoire d’amour avec nos clients du Québec, sans doute grâce à nos racines européennes et à notre attirance pour les produits de là-bas.




 

 

À noter: A compter du 1er décembre prochain, Daniel Weissland prend la présidence de Volkswagen Group Canada en remplacement de Maria Stenström. Actuellement président d’Audi Canada depuis 2015, Daniel Weissland est nommé président-directeur général de Volkswagen Group à partir du 1er décembre 2017. Il succèdera à Maria Stenström qui rejoint le siège de Volkswagen Group en Allemagne à cette même date.

Audi Canada appoints new President: Daniel Weissland (CNW Group/Audi Canada Inc.)

Catégories: Industrie

À propos de l'auteur

écrire un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas dévoilée
Les champs requis sont indiqué*