En quête de nouveaux employés ? Le bon affichage peut aider.

L’affichage de poste a longtemps figuré parmi les étapes clés pour aider au recrutement de nouveaux employés. Or, en ces temps où la quête de candidats relève de l’exploit, l’employeur a tout intérêt à miser sur les bonnes plateformes d’emplois, et surtout sur un jargon accrocheur. Un message qui doit impérativement inclure les conditions salariales, le nombre de semaines de vacances, sans oublier le critère le plus important, le salaire.  

« Cessez de vous obstiner à gorger vos offres d’emploi de longues descriptions de tâches, de mentions salaire à discuter ou encore d’une liste des activités annuelles offertes par l’entreprise. » – Louis-Martin Jannard, cofondateur de Canada Motor Jobs (CMJ)

« Cessez de vous obstiner à gorger vos offres d’emploi de longues descriptions de tâches, de mentions salaire à discuter ou encore d’une liste des activités annuelles offertes par l’entreprise. Non seulement ces éléments n’ont plus la cote auprès des candidats en mode recherche, ils les font carrément fuir », avertit d’emblée Louis-Martin Jannard, cofondateur de Canada Motor Jobs (CMJ), un carrefour d’emploi dédié à l’industrie automobile et aux autres secteurs de véhicules motorisés.

« En fait, l’affichage d’un poste, c’est comme afficher un véhicule. Indiqueriez-vous prix à discuter sur l’annonce ? Poser la question, c’est y répondre », poursuit cet ex-enseignant de l’École des métiers de l’équipement motorisé de Montréal, qui dirige CMJ depuis sa création en 2019. C’est à lui d’ailleurs que nous devons les origines de la plateforme Auto-Jobs créée en 2005. Un outil à succès qu’il a vendu en 2012. 

 

Le salaire… Stratégie all-in

« Les bons candidats recherchés occupent déjà un bon emploi. Il est donc capital que le contenu de votre affichage soit suffisamment fort et attrayant pour capter leur attention et les tenter à venir voir ce que vous leur offrez. » – Emmanuelle Bourque, directrice des comptes chez Auto-Jobs.

 

Quels sont au juste les montants qui font tourner l’œil des candidats ? « Possibilité de gagner jusqu’à 45 $ de l’heure pour un poste de mécanicien ou de carrossier, c’est gagnant ces jours-ci », partage Louis-Martin Jannard. Pour les postes de conseiller aux ventes qui reposent essentiellement sur les commissions, le cofondateur de CMJ recommande d’utiliser les revenus inscrits au dernier T4 de celui qui cartonne le plus au sein de la concession. Pour les postes de direction de département de services, des opérations, des ressources humaines, difficile, avise-t-il, d’afficher un salaire en deçà de 70 000 $ par année. « Comme on dit autour de la table de poker, il faut y aller all-in », soutient cet expert en offres d’emploi numériques. Ce dernier suggère néanmoins de tenir compte des réalités régionales.

Malgré ces attributs alléchants, la partie est loin d’être gagnée, renchérit Emmanuelle Bourque, directrice des comptes chez Auto-Jobs. Le site appartient depuis 2016 au Groupe Vélan Media. « Les bons candidats recherchés occupent déjà un bon emploi », insiste-t-elle. Ce n’est donc pas un réflexe pour eux de consulter les diverses plateformes offertes sur le marché. « Il est donc capital que le contenu de votre affichage soit suffisamment fort et attrayant pour capter leur attention et les tenter à venir voir ce que vous leur offrez. »

Elle suggère de rédiger au moins une ou deux phrases captivantes qui résument à la fois qui vous êtes comme entreprise et quels types de candidats vous recherchez. « Et au même titre que le salaire, les avantages sociaux (vacances, REER, assurances, nombre de congés de maladie) peuvent aider à faire fléchir le candidat en votre faveur », ajoute Emmanuelle Bourque. À ce sujet, la semaine de quatre jours fait fureur ces temps-ci, dit-elle. 

 

Soyez vite sur la gâchette

« Il palpe le marché pour voir qui est le plus offrant. Si vous tardez à réagir, il y a de fortes chances que cette personne ait déjà trouvé chaussure à son pied ailleurs » – Xavier Gosseye, consultant en solutions de recrutement. 

Il va de soi que dans le contexte actuel, il faut agir rapidement lorsqu’un candidat montre de l’intérêt, prévient Xavier Gosseye, consultant en solutions de recrutement de cadres qui a travaillé pendant près d’un an chez Indeed. « Il ne faut surtout pas attendre une journée avant de répondre à un candidat intéressé. Il faut lui parler le plus vite possible afin de le rencontrer », indique-t-il. Pourquoi ? Parce qu’un candidat qui répond à votre demande a probablement démontré de l’intérêt à trois, quatre ou cinq autres offres d’emploi en même temps. « Il palpe le marché pour voir qui est le plus offrant. Si vous tardez à réagir, il y a de fortes chances que cette personne ait déjà trouvé chaussure à son pied ailleurs », explique le consultant Gosseye. 

 

Être visible

Aux yeux de cet expert du recrutement, ça vaut le coup de payer un peu plus cher pour le service d’affichage afin que la plateforme fasse rayonner davantage l’offre d’emploi. « Sinon, votre annonce risque de se retrouver rapidement sur la cinquième, dixième ou vingtième page après quelques jours », avise Xavier Gosseye, qui parle par expérience.

Chez Auto-Jobs, l’équipe mise sur son vaste réseau de plus de 60 000 contacts pour faire circuler les affiches prometteuses. « Nous avons élaboré au fil des ans des stratégies afin de joindre par courriels, par textos ainsi que par les plateformes Facebook, LinkedIn et Instagram les candidats qui pourraient être intéressés par les offres », fait savoir Emmanuelle Bourque. 

Chez Canada Motor Jobs, l’entreprise joue littéralement l’entremetteuse. « Au lieu de miser sur l’utilisation traditionnelle des CV, nous invitons les employeurs ainsi que ceux qui cherchent un nouvel emploi à remplir un formulaire sur notre site. Ce formulaire contient des cases clés qui, à l’aide d’algorithmes, connectent automatiquement les candidats aux offres d’emploi affichées correspondant à leurs attentes », explique Louis-Martin Jannard. Ces éléments vont également tenir compte de la distance entre le lieu de résidence et le lieu de travail convoité. « Autrement dit, notre méthode site de rencontre permet en un coup d’œil de voir si l’employeur et le candidat naviguent sur un terrain d’entente », dit-il. 

Ceci dit, CMJ recourt, elle aussi, aux grandes plateformes des médias sociaux, de vastes réseaux qui réunissent plus de 120 000 professionnels de l’industrie visés par les offres d’emploi. « Je suis plongé dans ce milieu depuis bientôt 20 ans, et c’est fou de voir combien la business de l’affichage a complètement changé. Aujourd’hui, la nouvelle génération d’employés n’a pas besoin de chercher pour qui travailler. Elle attend tout simplement, sans effort, que l’offre d’emploi qui va lui plaire lui passe sous les yeux. » 

 

Vers qui se tourner ?

« Mais ce taux de succès est limité à nos concessions situées dans le Grand Montréal. Ailleurs au Québec, il faut trouver autre chose que ces plateformes d’emploi » – Une source en RH qui s’est confiée à AutoMédia de façon anonyme

D’emblée, les plateformes spécialisées d’Auto-Jobs et de Canada Motor Jobs figurent parmi les outils qu’utilisent les concessionnaires. « L’utilisation de ces plateformes peut engendrer deux à trois candidats potentiels par annonce », signale justement un gestionnaire de ressources humaines, qui a accepté de nous parler à la condition de taire son nom et celui de son entreprise. [NDLR : Deux autres gestionnaires ont décliné notre demande d’entrevue, ne voulant pas partager leurs stratégies de recrutement.]

« Mais ce taux de succès est limité à nos concessions situées dans le Grand Montréal. Ailleurs au Québec, il faut trouver autre chose que ces plateformes d’emploi », poursuit notre source en RH qui s’est confiée à AutoMédia

Parmi ces « autres choses » qui peuvent fonctionner ailleurs dans la province, le gestionnaire « masqué » avoue avoir été fort surpris du résultat obtenu à la suite d’une annonce 4×6 publiée dans un journal local de la Côte-Nord. « Nous avons reçu au moins cinq CV. C’est au-delà de ce que nous espérions. Je ne croyais pas que cette stratégie marchait encore. »

« Nos membres obtiennent, jusqu’à présent, de meilleurs résultats sur la plateforme Indeed » – Cloé Gauvin, conseillère en ressources humaines au sein de la Corporation Mobilis.

Bien que les équipes d’Auto-Jobs et de Canada Motor Jobs soutiennent que l’herbe est beaucoup plus verte dans leur cour respective en matière d’affichage, la Corporation Mobilis, qui regroupe les concessionnaires de la région de Québec, préfère travailler avec la plateforme généraliste Indeed. « Nos membres obtiennent, jusqu’à présent, de meilleurs résultats sur cette plateforme », signale Cloé Gauvin, conseillère en ressources humaines au sein de la Corporation Mobilis. Selon Xavier Gosseye, un ancien employé de la plateforme internationale, cet outil a pour avantage d’être consulté par un plus vaste public qui n’aurait pas, au préalable, visité des plateformes dédiées au secteur automobile. La corporation propose d’ailleurs à ses membres des forfaits Indeed et des conseils sur comment présenter leur affichage. 

Des services que proposent également la Corporation des concessionnaires automobiles de Montréal (CCAM) et l’Association des mandataires en vérification mécanique du Québec (ASMAVERMEQ) à leurs membres en collaboration avec l’équipe d’Auto-Jobs. Jusqu’à présent, deux webinaires ont été diffusés en 2022, notamment « recruter et fidéliser les employés » et « rédaction d’une offre ». « Ces deux activités ont réuni en moyenne une trentaine de participants par association », indique Emmanuelle Bourque.

 

Affichage international

Enfin, de l’avis de plus en plus de concessionnaires, et plus particulièrement de notre source anonyme en RH, un affichage réussi passe désormais par les voies internationales. Le groupe dont fait partie le gestionnaire RH qui a accepté de parler avec AutoMédia confiait justement qu’il était sur le point de recevoir une cohorte d’une vingtaine de mécaniciens originaires de l’Afrique du Nord. Ces derniers aideront à pourvoir des postes des concessions automobiles du groupe situées dans l’est de la province. « Du personnel qui, par expérience, se montre très professionnel, très ponctuel et qui adhère plus facilement qu’on le pense à la culture de l’entreprise », conclut notre source.   

 

 

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