Économie 101: La pandémie coûte cher. Qui paiera ?

 

Question 10 : Est qu’une Banque centrale peut quand même imprimer juste assez de dollars pour diminuer sa dette sans risquer de créer de l’inflation ?

Réponse : La Banque du Canada et le gouvernement sont des entités totalement indépendantes. Donc le gouvernement gère sa propre dette. Les actions de la Banque du Canada ne dépendent pas de la dette du gouvernement. La hausse de la masse monétaire est faite en fonction d’accommoder la croissance de l’économie et non en fonction de la dette du gouvernement.

 

Question 11 : Croyez-vous que l’initiative de la prestation canadienne d’urgence (PCU) devrait être le catalyseur pour amener Ottawa à créer un revenu minimum de base garanti pour tous les Canadiens ?

Réponse : Non, rien ne l’indique. Ce sera par contre l’occasion de voir ou revoir les effets des prestations gouvernementales sur l’incitation au travail des bénéficiaires en tenant compte de la manière dont ce genre de prestations évolue en fonction du revenu.

 

Question 12 : Le 10 juin notre dollar valait environ 74 cents américains et des économistes prédisent qu’il chûtera à 60 cents d’ici la fin de 2020. Êtes-vous aussi pessimistes ?

Réponse : D’abord, c’est loin d’être tous les économistes qui pensent que le dollar tombera à 60 cents et il faudrait voir quelles sont les hypothèses sous-jacentes au raisonnement qui permet de faire une telle affirmation. 

La valeur du dollar est toujours très difficile à prévoir car elle dépend de nombreux facteurs dont l’offre et la demande du dollar canadien, le prix du pétrole, la confiance dans l’économie, etc. Il faut comprendre que presque toutes les banques centrales au monde s’assurent actuellement que les liquidités sont suffisantes dans leur économie. C’est souvent une action concertée partout dans le monde ! Par conséquent, la valeur du dollar canadien évolue aussi en fonction de ce qui se passe ailleurs dans le monde. Tout le monde injecte beaucoup d’argent dans le système (argent qui sera graduellement retiré par la suite). Par conséquent, notre position relative change peu par rapport aux autres importantes devises. De plus, le Canada est un pays fiable et stable. Il n’a pas perdu cette réputation avec la pandémie. Le seul élément fortement négatif envers le dollar actuellement est la faiblesse des prix du pétrole et il semble que cela a eu peu d’effets jusqu’ici sur le dollar. Les probabilités que le dollar tombe à 60 cents sont plutôt faibles en fonction des informations disponibles aujourd’hui.

 

Question 13 : En ce moment, au sein du G7, le Canada est le seul pays avec l’Allemagne à jouir d’une « note de crédit » AAA. Mais puisque des économistes pensent que le poids de notre dette pourrait désormais avoisiner 350% de notre PIB, les agences de notation pourraient abaisser la note de crédit du Canada (une décote).

Réponse : Ce taux d’endettement apparaît exagéré. Le poids de la dette au Canada était à peine supérieur à 100 % selon les données de l’OCDE sur la dette avant la pandémie. Quant à la décote, il n’y a aucun signal des agences de notations en ce sens. Bien sûr rien n’est impossible. Mais s’il devait y avoir une révision, le plus probable serait le maintien de la note de crédit à AAA avec une perspective négative… 

 

Yves St-Maurice
Yves St-Maurice
Luc Godbout
Luc Godbout

PHOTOS :

Luc Godbout et Yves St-Maurice, de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke

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