Coronavirus : un demi-million de véhicules neufs en moins, prédit l’analyste canadien DesRosiers 

Coronavirus : un demi-million de véhicules neufs en moins, prédit l’analyste canadien DesRosiers 

Dennis DesRosiers ne prend pas de gants blancs pour analyser – et tenter de prédire comment la pandémie du coronavirus impactera l’industrie automobile au Canada. Selon la durée du confinement de la population et la gravité de la crise économique, il estime que les ventes de véhicules neufs pourraient chuter de 15 % à 60 % cette année.

Le grand manitou de la statistique automobile du Canada, Dennis DesRosiers, pensait avoir tout vu en un demi-siècle (!) d’une carrière consacrée à l’analyse des cycles et des crises économiques, avec pour lorgnette celle des ventes de véhicules.

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Manifestement, non : « Avec la propagation du virus et les politiques gouvernementales en résultant qui changent quotidiennement, nous sommes tous en territoire inexploré », dit-il. 

 

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Rien à voir avec le SRAS

Le président de DesRosiers Automotive Consultants a voulu tenter quelques prévisions quant aux ventes de véhicules neufs pour l’année 2020, d’abord en comparant avec l’épidémie du SRAS au début du présent millénaire. 

Mais après avoir examiné les statistiques canadiennes, il a conclu que : « Les tendances observées à l’époque (2003) et ce que nous voyons aujourd’hui se ressemblent très peu. »

Quand même, et même si les données sont limitées, il a puisé quelques pistes de départ à même les situations qui prévalent en Chine et en Italie :

  • Pour l’ensemble de la Chine, d’où provient la pandémie de la COVID-19, les ventes de véhicules neufs ont chuté de 80 % en février dernier, versus février 2018. 
  • En ce mois de mars, l’Italie, premier pays à avoir été frappé de plein fouet en Europe, a connu une baisse « rapide et accélérée » de ses ventes automobiles par comparaison avec mars 2018 : 15 % à la première semaine, 50 % à la seconde, puis carrément un effondrement de 90 % à la troisième semaine.

Voilà qui fait dire à M. DesRosiers qu’en ces mois printaniers, qu’on sait pourtant critiques pour l’industrie automobile canadienne (mars, avril et mai ont enregistré, en moyenne à la dernière décennie, près du tiers de toutes les ventes annuelles de véhicules neufs), le scénario « de référence » pour le reste de l’année montre une baisse de 25 % à 30 %. 

L’analyste avance donc une diminution des ventes de véhicules neufs en 2020, versus l’année précédente, variant de 400 000 à 500 000 unités – ce qui nous mènerait à un total de plus ou moins 1,5 million véhicules neufs. Cela dit, il mentionne – non : il martèle que ce scénario est appelé à changer au fur et à mesure qu’évoluera la situation.

Rappelons que l’année 2019 s’est terminée au pays avec 1,92 million de véhicules neufs vendus, une baisse de 3,6 % versus 2018. Soulignons par ailleurs que DesRosiers estime, pour les deux premiers mois de l’année (janvier et février 2020), des ventes de 232 991 unités, une augmentation de 1,4 % par rapport à la même période l’année précédente.

 

Entre le « meilleur » et le pire des scénarios

Cela dit, et parce que personne ne peut dire combien de temps la crise se prolongera, encore moins quels bas-fonds elle atteindra, l’expert canadien subdivise cette moyenne comme ceci : 

  • Le scénario le « moins grave » montre une baisse d’environ 10 % à 15 % pour l’ensemble de 2020;
  • Le scénario le plus grave prédit une brutale chute de 60 % des ventes de véhicules neufs pour l’année.

 

Une reprise… pas avant 2021

Autre question à laquelle personne n’a encore de réponse : À quoi ressemblera la courbe de reprise ? 

« La plupart des modèles économiques montrent une stabilisation des facteurs clés au troisième trimestre de 2020, mais nos perspectives indiquent que la reprise sera largement retardée dans le secteur automobile – jusqu’en 2021 », dit M. DesRosiers. 

Et d’ajouter : « Certes, il y aura une demande refoulée qui devra être satisfaite, mais nous voyons d’autres priorités économiques s’établir dans l’esprit des consommateurs pour les deux derniers trimestres de l’année. »

En clair, conclut l’analyste : « Il est très difficile d’imaginer quelqu’un se rendre chez un concessionnaire pour s’acheter un véhicule neuf ou d’occasion… s’il n’a plus d’emploi. »

 

Denis DesRosiers, Président de DesRosiers Automotive Consulting

Denis DesRosiers, Président de DesRosiers Automotive Consulting

Catégories: Industrie, Statistiques

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