Comment Tesla a réussi à contourner le problème des semi-conducteurs (et battre ses prévisions de ventes)

La crise des puces électroniques touche à peu près tous les joueurs de l’industrie. Tous n’ont pas été affectés de la même manière et au même moment, mais ils en ont pratiquement tous subi les contrecoups. 

Sauf Tesla. La compagnie a amorcé le mois d’octobre en établissant un nouveau record trimestriel, annonçant 241 300 livraisons pour le troisième trimestre de l’année. La marque a étonné les experts, d’abord parce qu’elle a dépassé les prévisions, mais surtout parce qu’elle survient en pleine crise de semi-conducteurs. 

On parlait d’ailleurs à travers l’industrie. Ford prévoyait une baisse potentielle de vente de 50 % au deuxième trimestre de l’année. Ça n’a pas été aussi dramatique, mais ça donne une idée du sérieux de l’affaire. Chez GM, le recul a été de 33 % et il a été directement attribué aux « perturbations de la chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs et aux stocks historiquement bas ».

C’est là que les chiffres de Tesla sont étonnants… et qu’ils représentent un pied de nez aux deux plus grands constructeurs américains. Selon les médias, les analystes de FactSet prévoyaient que Tesla livrerait environ 227 000 véhicules au cours du trimestre.

Or, l’entreprise a dépassé cette prévision de plus de 13 000 véhicules. La question qui s’est posée est la suivante : comment Tesla a-t-elle fait ? Et quelles sont les implications plus profondes pour le marché en général ?

 

 

L’avantage de Tesla 

Bien sûr, les ventes ont été en partie stimulées par la sortie des versions 2022 de la Model S et du Model X, dont le design a finalement été rafraîchi et dont la production s’accélère maintenant après que sa chaîne de montage ait été fermée plus tôt dans l’année. Cependant, il y a plus que cela.

Selon la firme Morgan Stanley, l’intégration verticale de Tesla, ainsi que sa culture agile et son statut de jeune entreprise, l’a aidé à surmonter la pénurie de puces qui a entravé les entreprises établies du secteur. Elle y est parvenue de la même manière qu’elle a fait face à ses défis de production lorsqu’elle a anticipé une augmentation de la demande en 2018. On se rappellera qu’elle avait alors érigé une tente massive pour accueillir une chaîne de montage supplémentaire.

La phrase est revenue souvent, mais Tesla pense souvent autrement. 

« Il ne s’agit pas seulement de remplacer une puce », a déclaré Elon Musk, le grand patron de l’entreprise. « Vous devez également réécrire le logiciel. Il s’agissait donc d’un effort incroyablement intense de planification de nouvelles puces, d’écriture de nouveaux micrologiciels, d’intégration au véhicule et de tests afin de maintenir la production ».

Morgan Stanley reconnaît la sophistication et l’innovation de Tesla et sa capacité à faire cela rapidement. Ayant créé ses propres puces d’intelligence artificielle pour alimenter ses systèmes de conduite autonome, elle est non seulement au courant du processus de fabrication des puces, mais elle est aussi une concurrente pour ses propres fournisseurs.

La capacité de Tesla à s’approvisionner davantage en technologies internes maintient les fournisseurs sur le qui-vive, selon les analystes.

Et malgré la plus petite échelle de Tesla par rapport à GM et Ford, les fournisseurs sont susceptibles de considérer Tesla comme un client stratégique, et donc plus susceptibles de travailler à la réduction des goulots d’étranglement.

De plus, il faut considérer ceci : les voitures électriques nécessitent jusqu’à cinq fois plus de puces que les véhicules à moteur à combustion.

Bref, c’est un peu grâce à sa différence et sa façon de faire les choses différemment que Tesla traverse bien, jusqu’ici, la crise des puces électroniques. Il y a des leçons à tirer de tout cela. 

 

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