Concessions : l’écart salarial entre techniciens et vendeurs fond de 75 %

L’écart de rémunération médiane entre les techniciens (de catégorie B) et les conseillers aux ventes s’est considérablement rétréci dans les concessions canadiennes. De 24 235 $ en 2023, il est passé à 6001 $ en 2025, soit une diminution d’environ 75 %, selon les données de l’Étude nationale sur la main-d’œuvre 2026 de la Corporation des associations de détaillants d’automobiles (CADA).
Réalisée avec ESiQ et commanditée par MNP, l’étude repose sur plus de 43 500 dossiers de paie provenant de 629 concessions participantes au Canada. Elle porte sur l’année 2025 et compare principalement ses résultats à ceux de 2023. Les données présentées constituent donc un portrait national, et non un bilan propre au Québec.
Deux trajectoires opposées
La rémunération annuelle médiane des techniciens (de catégorie B) est passée de 80 803 $ à 90 505 $ entre 2023 et 2025. Il s’agit d’une progression de 12 %. Pendant ce temps, celle des conseillers aux ventes a reculé de 8 %, passant de 105 038 $ à 96 506 $.
Le rapprochement résulte ainsi de deux mouvements simultanés : une hausse du côté de l’atelier et une baisse dans la salle d’exposition. Il concerne toutefois une catégorie précise de techniciens utilisée dans l’étude, et ne doit pas être interprété comme une rémunération uniforme pour tous les mécaniciens, apprentis ou maîtres-techniciens.
« Les revenus des postes aux opérations fixes ont progressé de façon constante », soulignent les auteurs dans leur analyse des trois dernières périodes étudiées.
Les techniciens ne sont pas les seuls employés du service à avoir vu leur rémunération augmenter. Entre 2023 et 2025, la rémunération annuelle médiane des conseillers au service a progressé de 10 % pour atteindre 79 693 $. Celle des directeurs du service a également augmenté de 10 %, pour s’établir à 124 925 $.
L’étude associe cette évolution à la rareté de la main-d’œuvre qualifiée. Elle souligne que les employés du service et des pièces sont difficiles à remplacer et que leur rétention demeure un enjeu, même lorsque leur rémunération augmente.
Le luxe franchit le cap des 100 000 $
Les résultats varient selon le type de concession. Chez les établissements représentant des marques de luxe, la rémunération médiane des techniciens de catégorie B atteint 100 132 $, en hausse de 16 % par rapport à 2023.
Dans les concessions de marques généralistes, elle s’établit plutôt à 88 558 $, une augmentation de 12 %. Les conseillers aux ventes y affichent une rémunération médiane de 92 318 $, contre 116 517 $ dans le luxe.
La médiane permet de situer le milieu de la distribution : la moitié des rémunérations se trouve au-dessus de ce montant et l’autre moitié, en dessous.
Aux ventes, les revenus reculent et le roulement augmente
Le mouvement salarial s’accompagne d’une instabilité accrue dans les équipes de vente. Le taux de roulement annualisé des conseillers aux ventes atteint 54 % en 2025, comparativement à 33 % en 2023, une hausse de 21 points de pourcentage.
Ce taux englobe les départs volontaires, les licenciements et les retraites. Il ne signifie donc pas que 54 % des vendeurs ont démissionné.
L’ancienneté médiane des conseillers aux ventes a également diminué, passant de 2,9 ans à 2,1 ans. À titre comparatif, celle des techniciens de catégorie B atteint 5,5 ans, et leur taux de roulement se situe à 22 %.
Les auteurs replacent ces résultats dans le contexte du retour des stocks et de la normalisation des marges après les années de pénurie. Les revenus des vendeurs, qui avaient profité de cette période, ont ensuite reculé.
« Les variations du bénéfice brut aux ventes se répercutent directement sur la rémunération des employés », écrivent les auteurs à propos des régimes entièrement à commission, en traduction libre.
Ces résultats font ressortir une évolution différente selon les services. L’atelier enregistre une progression de la rémunération, tandis que les ventes composent avec un recul des revenus et une hausse du roulement. L’étude établit un lien entre ces phénomènes, sans pour autant isoler les raisons.
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