L’an dernier, les 15 concessionnaires Mercedes-Benz de la Belle Province ont vendu un grand total de 25 Classe S, une automobile davantage limousine que berline.

Le catalogue se composait alors de pas moins de huit modèles en incluant les versions AMG, Maybach et les EQS électriques (neuf ventes supplémentaires partagées entre le sedan et le VUS).

Pour l’année modèle 2027, Mercedes-Benz rafraîchit sérieusement la Classe S de septième génération. Un lifting majeur où plus de 50 % des pièces ont été remplacées ou bonifiées.

Les deux nouvelles venues attendues cet été sont la S 500 4MATIC (6 en ligne turbo de 443 chevaux) et la S 580 4MATIC (V8 biturbo de 530 chevaux), tandis que les EQS et Maybach restent au menu, exception faite de l’AMG EQS 4MATIC. Les Américains ont droit en plus à la S 580e 4MATIC hybride branchable (autonomie électrique d’environ 100 km). Chez nous un jour ? Peut-être 2028 ou 2029. Peut-être…

Nonobstant les améliorations apportées à la S 2027, on peut se demander si une berline a encore sa place, aussi luxueuse soit-elle, dans un univers automobile aujourd’hui dominé par les utilitaires et les camionnettes.

Pour la demi-douzaine de gens de M-B interrogés par AutoMédia entre Hambourg et la mer Baltique durant le lancement international de l’auto, la question ne se pose pas : « La Classe S définit le meilleur de Mercedes-Benz. C’est le summum, notre véhicule-phare. »

Pour Christoph Starzynski, responsable de la stratégie des produits chez Mercedes-Benz AG, la S « dégage une puissance silencieuse. C’est une œuvre d’art ».

 

Chez la concurrence

BMW et Audi proposent toujours leur Série 7 et A8 (34 ventes au Québec en 2025 pour la première et 10 pour la deuxième). Mais Lexus, à la fin de l’année, retirera la LS qu’elle avait introduite en 1989 dans le but d’ébranler l’hégémonie allemande.

« Depuis 2012, nous avons systématiquement vendu plus d’utilitaires LX que de LS au Canada. L’an dernier, le ratio a grimpé à 25 fois plus », explique Romaric Lartilleux, directeur des relations publiques de Toyota Canada.

Pourtant, quand la berline prendra sa retraite, son patronyme survivra, puisque le constructeur a déjà dévoilé le LS Concept, une étonnante fourgonnette futuriste à six roues de 24 pouces. L’acronyme LS signifiera désormais Luxury Space au lieu de Luxury Sedan.

Pouvons-nous imaginer Mercedes-Benz faire subir le même sort à sa chère Classe S ?

« Jamais ! Ses ventes mondiales sont loin devant celles de BMW et d’Audi. Lexus a changé de stratégie en constatant son incapacité à détrôner la S », assure Carl Simard, directeur des ventes chez Mercedes-Benz St-Nicolas.

 

Et l’EQS ?

La cousine 100 % électrique, débarquée chez nous en janvier 2022, a été louangée pour son roulement encore plus silencieux, son confort, son autonomie et son Hyperscreen (écran géant). Elle s’est fait critiquer pour sa silhouette ovoïde dépourvue de la prestance du modèle traditionnel.

Le constructeur a rapidement corrigé le tir en ramenant une façade plus classique, dont l’étoile fièrement dressée au bout du capot, et en ciselant davantage la silhouette pour chasser l’anonymat. En fait, les ICE, PHEV et VÉ ne seront plus traités comme des bibittes distinctes, l’identité visuelle sera grosso modo la même pour tous.

« J’ai des clients d’EQS qui sont revenus à une S à essence parce que même une autonomie qui frôle les 600 km (en été) les indisposait. Leur temps est trop précieux pour le passer à côté d’une borne de recharge », raconte Carl Simard.

La migration du client vers l’EQS se fera naturellement quand « l’autonomie atteindra 1000 km », estime le directeur « tatoué M-B », et si l’électrique projette le prestige associé au modèle à essence depuis 1976.

Autrement dit, une Classe S, peu importe sa motorisation, doit exalter les 140 années de progrès depuis l’invention de Carl Benz, tandis que son futur doit proclamer « j’ai réussi » autant que « l’avenir m’excite ».

 

10 innovations de la Classe S 2027

1 Ceintures de sécurité avant chauffantes.
2 Étoile illuminée au bout du capot, comme le pourtour de la grille (plus grosse).
3 Les roues arrière pivotent de 4 degrés, voire de 10 en option.
4 Phares à micro-DEL.
5 Plusieurs ordinateurs gérés par MB.OS, le système d’exploitation maison lié au « nuage » M-B qui autorise les mises à jour par Internet.
6 Concierge virtuel MBUX animé par une IA développée par Microsoft et Google.
7 Des écrans à l’avant et à l’arrière pour organiser une réunion Zoom en mouvement.
8 La suspension E-ACTIVE prédit les imperfections de la route grâce aux infos fournies par les M-B ayant roulé au même endroit.
9 La sono Burmester 4D immersive.
10 La division MANUFAKTUR Made to Measure exauce 99 % des souhaits de la clientèle.

 

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