Président de la marque Volkswagen au Canada depuis un peu plus de deux ans, Edgar Estrada a récemment été nommé président du Groupe Volkswagen pour le pays. Quand on est déjà président, il est rare qu’on puisse obtenir une promotion. Pourtant, celui qui habite la ville de York, en Ontario, a réussi ce tour de force.

À l’occasion de son entrée en poste officielle le 1er avril dernier, l’équipe éditoriale s’est entretenue avec Edgar Estrada lors du dévoilement du Volkswagen Atlas 2027 au Salon de l’auto de New York. D’ailleurs, le père de trois enfants, dont deux qui vivent avec lui en Ontario, conduit un Atlas sur une base quotidienne.

 

Des gains notables pour la marque au Canada

Sans tomber dans la vantardise, M. Estrada a commencé son allocution à la presse automobile en soulignant les bons coups du Groupe Volkswagen au Canada. Alors que les défis sont nombreux et que certaines difficultés ont causé pas mal de tort ces dernières années, il fait valoir les ventes record de l’entreprise en 2024 (plus de 80 000 unités) et en 2025 (plus de 85 000 unités). Du même coup, il se félicite de détenir tout près de 5 % du marché automobile canadien. Il insiste aussi sur l’importance du marché canadien et de ses particularités, notamment le fait que le pays représente le deuxième endroit au monde en termes de popularité de la Golf R. Ce fait témoigne de l’intérêt indéniable des consommateurs d’ici pour des voitures sportives et amusantes à conduire.

 

Le pont de l’hybride pour Volkswagen ?

Avec les innombrables problèmes qu’a connus l’ID.4 et le flop commercial de l’ID.Buzz, force est de constater que l’aventure électrique de la marque Volkswagen n’a rien de reposant. Pourtant, Edgar Estrada se montre plutôt optimiste face à l’avenir de l’électrification. À cet effet, il mentionne la volonté généralisée d’adopter une transition plus graduelle que ce qui était initialement projeté. L’homme à la tête de Volkswagen comprend la volonté des consommateurs canadiens de vouloir des véhicules plus propres, mais aussi plus faciles à adopter. C’est en ce sens que Volkswagen explique le pont vers la motorisation hybride. Si des constructeurs, dont Honda et Toyota, utilisent cette technologie au Canada depuis plus de 25 ans, certains sont à la remorque. C’est le cas de Volkswagen, qui a commercialisé la Jetta de manière quasi expérimentale avec l’hybride en 2013 et 2014. Depuis quelques années, Volkswagen nous promet le retour de l’hybride, mais ça tarde. En marge du dévoilement de l’Atlas 2027, AutoMédia a appris que Volkswagen entend débarquer avec une motorisation hybride lors du rafraîchissement de mi-génération. Autrement dit, il faudra encore patienter possiblement trois ou quatre ans. C’est long. Très long.

 

Des particularités québécoises qui donnent du fil à retordre

Au cours de notre entretien avec Edgar Estrada et d’autres membres de l’équipe de la direction du Groupe Volkswagen Canada, les particularités québécoises ont été évoquées.

Sans le nommer de manière claire et précise, M. Estrada mentionne la réglementation lorsqu’on le questionne sur les enjeux qu’affrontent les concessionnaires au Québec. On peut comprendre, en lisant entre les lignes, que les cibles fixées par le gouvernement du Québec en matière de ventes de véhicules électriques le chatouillent, lui et ses partenaires chez les concessionnaires. On se rappellera qu’à l’automne dernier, le gouvernement du Québec a abaissé de 100 à 90 % la cible de ventes de véhicules verts en 2035. Cela inclut les hybrides rechargeables en plus des électriques.

L’un des collègues parfaitement bilingues de M. Estrada a aussi fait allusion à la réglementation québécoise relative à l’utilisation de la langue française lorsqu’il a été question des particularités du Québec. En effet, il faut savoir que l’Atlas 2027 intègre plusieurs nouvelles technologies, dont ChatGPT, sur le marché américain. En revanche, il faut savoir que la technologie n’est pas disponible en français à bord des véhicules. Ce faisant, le constructeur a décidé de ne pas offrir cette technologie pour le marché canadien.

 

Participation des concessionnaires dans le développement de l’Atlas 2027

AutoMédia a également profité de l’occasion pour échanger quelques mots avec certains représentants des concessionnaires Volkswagen du Canada, par exemple Raul Simon (directeur général de la concession Volkswagen Complexe 440 et responsable de la protection des données). Il nous a raconté avoir vu l’Atlas de deuxième génération l’année dernière dans le cadre d’une convention qui s’est tenue au Mexique. À ce moment, lui et d’autres représentants des concessionnaires Volkswagen ont partagé leurs commentaires. Il dit avoir fait pression pour que les poignées affleurantes que l’on trouvait sur le prototype et sur le modèle de production en Chine (Teramont) ne soient pas adoptées pour l’Amérique du Nord. Il craignait que l’ouverture des portières devienne problématique en hiver avec la neige et le verglas. Bonne nouvelle ! Les concessionnaires ont été entendus, puisque l’Atlas 2027 de production dispose de poignées traditionnelles. Partager Partager